Au menu de l'édito carré ce matin : du saumon transgénique à l’unilatéral…

Saumon
Saumon © Getty / Westend61

Oui, les consommateurs canadiens ont découvert stupéfaits au début du mois qu’une entreprise américaine Aqua Bounty, leur avait fourgué en douce au cours de l’année plus de 4 tonnes de saumons transgénique sans qu’il n’en sachent rien.

Et figurez-vous que cette petite surprise saumonée a été découverte par hasard par un journaliste de Toronto qui a eu la curiosité d’éplucher les résultats financiers de la compagnie yankee.

C’est donc grâce à cette pépite que les canadiens ont appris qu’ils devenaient les premiers cobayes de la planète à avoir mangé un animal transgénique sans qu’aucune annonce officielle n’ait été faite. Une victoire au goût de Paradis pour AquaBounty qui a mis plus de 20 ans à obtenir une autorisation pour commercialiser son salmonidé.

Autant vous dire que nos cousins d’outre atlantique ne partagent pas le même enthousiasme et l’ont plutôt en travers de la gorge… l’arrête du saumon.

A quoi ressemble ce saumon transgénique canadien ?

Et bien à un monstre. Une espèce de grosse brute épaisse capable d’atteindre une taille adulte en 18 mois seulement au lieu des 4 ans normalement nécessaires pour un saumon sauvage.

Cette croissance spectaculaire est due à la modification de son matériel génétique. Deux gènes en l’occurrence ont été introduits dans ce saumon canadien à la taille XXL : le premier est une hormone de croissance et le second, un gène lui permettant d’être insensible au froid et accessoirement aux albums de Céline Dion.

Cette sorte de catcheur transgénique des bassins piscicoles serait capable de mettre KO n’importe quel autre poisson de son espèce. Et sa taille est tellement démesurée que l’entreprise s’est bien gardée de le montrer entier sur les étals des magasins lui préférant une version en filet beaucoup plus passe partout.

Tellement passe partout qu’aucun étiquetage n’a été rendu obligatoire. Et c’est ce que réclament aujourd’hui les associations de consommateurs canadiennes

Quels sont les risques avec ces saumons génétiquement modifiés ?

Et bien c’est là que le bât blesse parce qu’on ne le sait pas. D’un point de vue sanitaire ou environnemental, aucune étude solide n’est disponible aujourd’hui concernant le danger ou l’innocuité potentielle d’un tel organisme.

Les pro-saumon OGM estiment qu’il n’y a aucune différence avec un saumon normal, seulement les deux gènes en plus.

Mais ce sont précisément ces deux gènes qui changent tout.

Que se passerait-il si par exemple cette nouvelle variété géante se retrouvait dans la nature au milieu de frêles saumons sauvages ?

Pour mener un tel travail scientifique d’évaluation il faudrait pouvoir accéder aux données brutes qui sont aux mains des industriels qui refusent bien sûr de les livrer. Impossible donc pour un chercheur indépendant avec des moyens limités de mener une contre-expertise pour évaluer les risques. C’est précisément cette opacité qui entretient l’inquiétude.

Et si l’on en juge par les aliments interdits dans les pays européens et qui sont pourtant signalés comme ce fut le cas pour la papaye ou les nouilles de riz transgénique, rien ne nous garantit de ne pas tomber un jour sans le savoir sur un filet de saumon provenant d’un monstrueux spécimen génétiquement modifié…

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