Je sens comme une appréhension. Si les requins nous font si peur c’est peut-être parce que nous les connaissons mal.

Grand requin blanc.
Grand requin blanc. © Getty / Arturo de Frias photography

Alors commençons par plonger dans le livre de l’écologue Johann Mourier, intitulé 40 idées fausses sur les requins qui vient de paraitre aux éditions Quae. 

Un livre qui rétablit quelques vérités. Par exemple tous les requins ne préfèrent pas les eaux chaudes. On peut rencontrer dans les eaux glacées de l’arctique, le requin du Groenland. Et (preuve que les requins ne sont pas tous rapides et furtifs) celui-ci nage lentement, grandit lentement mais il vit très longtemps, jusqu’à 400 ans, un record parmi les vertébrés.  

Le requin baleine, lui, détient un autre record de taille : il peut atteindre 19 mètres de long. C’est le plus grand poisson du monde. 

Mais chez les requins, les plus gros ne sont pas les plus dangereux. Le requin baleine ne se nourrit que de plancton, tout comme le requin Pellerin que l’on peut croiser sur nos côtes.  Son apparition en méditerranée a déjà déclenché la fermeture de plage en France. Il faut dire que cet animal qui peut atteindre 12 mètres, nage en surface avec l’aileron qui fend l’eau et la gueule grande ouverte pour filtrer le plancton. Il a beau être totalement inoffensif pour les humains, on imagine le mouvement de panique qu’il peut susciter. D’où l’intérêt d’apprendre à mieux les connaitre ces gros poissons.

On trouve beaucoup d’espèces de requins sur les côtes françaises métropolitaines ?

Plus qu’on ne pense, on a dénombré 42 espèces sur la côte atlantique et 35 du côté de la méditerranée. La plupart ne présente aucun danger pour nous. A noter quelques surprises ces dernières années : un requin tigre pourtant plus habitué aux eaux tropicales a été pris dans un filet au large de la Charente-Maritime en 2007 et un requin féroce s’est échoué sur une plage du Morbihan en 2013. Ces cas surprenants pourraient être dus au changement climatique et à la modification des courants marins. 

Et on a déjà observé des grands requins blancs au large de nos côtes ?

Oui, un, en 2012 au large de Saint-Tropez. Et au cours du siècle dernier, la pêche de 3 grands requins blancs a été répertoriée officiellement en France : un près de Marseille et deux autres du côté de Sète. Mais les rencontres avec ces requins restent très rares car ils vivent généralement au large.

Au passage, il est faux de leur attribuer un sens de l’odorat presque surnaturel qui leur permettrait de détecter la moindre goute de sang à des kilomètres. Selon Johann Mourier, à plus de 400 mètres un requin ne sentira pas une blessure légère. Donc si vous commencez à saigner en nageant dans la mer, pas de panique vous pouvez atteindre le rivage en toute sécurité sans attirer un requin qui roderait dans les parages. 

Mais les grands requins blancs restent potentiellement dangereux pour l’Homme

Oui c’est vrai, ils font partis de la dizaine d’espèces de requins responsables d’accidents mortels. Accidents qui restent rarissimes. Moins de 6 décès par an en moyenne dans le monde sont attribués à des requins. 

Dans le même temps, chaque année plus de 100 millions de squales sont tués dans les pêcheries. Aujourd’hui, 50% des espèces de requins seraient menacées. Le plus grand prédateur des océans n’est pas à chercher parmi eux.

Le livre de Johann Mourier : "40 idées fausses sur les requins" aux éditions Quae.

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