Mathieu ce matin dans l’édito carré vous vous intéressez au cerveau des joueurs de piano.

Oui grâce à une étude d’une équipe de l’institut Max Planck de Leipzig qui a comparé le cerveau des pianistes de jazz à celui des pianistes classiques. 

Et l’occasion était trop belle d’en savoir plus sur ce qui se passe dans la cervelle du Manoukian. 

Car oui André votre cerveau imprégné de John Coltrane et de Duke Ellington ne fonctionne pas du tout comme celui d’un Frédéric Chopin.  

Les chercheurs ont découvert des différences neurobiologiques qui expliquent pourquoi un pianiste ne jongle pas facilement d’un style à un autre.

Et même si votre cerveau est doué de plasticité, grâce à votre expérience de vieux baroudeur des salles de concert enfumées, votre apprentissage fait toute la différence. 

Et cette différence on peut la lire dans votre cerveau… je vais donc André déshabiller un instant votre lobe frontal pour tenter d’en percer les secrets.

Alors qu’est-ce qu’on peut bien lire dans le cerveau d’André Manoukian ? 

Et bien que son souci d’interprétation n’est pas du tout le même qu’un autre joueur. 

Pour le prouver, les chercheurs ont montré à des pianistes jazz et classique, une main sur un écran entrain de jouer une séquence d’accords parsemée d’erreurs. Le son était coupé.

Les deux groupes de pianistes devaient imiter la main et réagir aux fausses notes. 

Résultat : face aux accords harmoniquement inattendus, le cerveau du jazzman a été plus rapide que celui du pianiste classique. 

Le joueur de jazz, tel le félin africain, s’est illustré par sa plus grande souplesse face à l’imprévu. Il a été plus performant dans le choix des notes et s’est mieux adapté  pour créer des harmonies inattendues. 

C’est votre côté sauvage et fougueux André. 

Le pianiste classique lui, être délicat et fidèle à sa partition, s’est d’abord concentré sur la maîtrise de la technique et sur son doigté en repérant d’abord la discordance dans la position de la main. 

Selon le neurologue Pierre Lemarquis, cette étude montre que le jazz favorise plutôt la mémoire à court terme. Ce qui semble normal pour un style musical habitué à l’improvisation.

Est-ce que le cerveau du musicien présente d’autres particularités ?  

Oui et elles sont si nombreuses que s’en est presque énervant. 

Par exemple, lorsqu’il joue, le cerveau d’André est sollicité dans sa globalité en faisant appel à des fonctions beaucoup plus larges. On peut dire que la musique sculpte son cerveau. Il est plus musclé le gaillard et cela se traduit par une meilleure mémoire. 

On voit ça chez le vieux musicien, enfin chez celui qui n’a pas trop abusé ; son hippocampe, cet entonnoir à mémoire, comme l’appelle Pierre Lemarquis, est plus volumineux et plus résistant que chez le non-musicien. 

Le chercheur Hervé Platel a même découvert que la quantité de neurones chez le musicien augmentait en fonction du nombre d’années de pratique. 

Bref vous l’aurez compris Nicolas, André n’a pas fini de nous épuiser avec son cerveau de compétition et c’est à parier qu’il va tous nous enterrer ! 

A ce tarif-là vous pourrez bien nous jouer un petit morceau le jour de nos funérailles !  

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