En cette veille de la Toussaint, focus sur l’environnement et... la mort. Et cette vérité, un peu brute mais indubitable : nous polluons, même morts. Explications.

Mise en terre d'un cercueil
Mise en terre d'un cercueil © Getty / PBNJ Productions

Ce ne sont pas des nouveautés en matière de funérailles écolo que je vais vous parler - les cimetières naturels, l’humusation, la promession, l’aquamation - Mathieu l’avait fait ici il y a quelques semaines et vous pourrez encore en apprendre en écoutant l’émission cet après-midi. Non, ce matin, on s’intéresse à ce qui est à l’origine de toutes ces idées : le fait que même mort, on pollue… Oui, c’est un peu brut mais c’est la réalité. 

Pourquoi polluons-nous, même une fois morts ?

Alors prenons d’abord l’inhumation, pratiquée dans plus de 60% des cas en France. Un enterrement, ça génère en moyenne 833 kg de CO2, d’après une étude réalisée il y a 2 ans... soit 11% des émissions annuelles d’un habitant, ou un trajet en voiture de 4000 km (un nombre calculé en analysant chaque élément, à partir de la mise en bière). 

Le cercueil, obligatoire : il peut être teint ou recouvert de vernis (polluant), tapissé de capitons en matière synthétique (polluants). Sans parler des poignées et vis en métal (polluantes).  

La sépulture : un caveau en béton (dont la fabrication est très énergivore) avec des stèles en granit, importées d’Inde ou de Chine quatre fois sur cinq, c’est ce qu’il y a de pire pour l’environnement. 

L’inhumation en pleine terre réduit cet impact sachez-le, il est même moins important que celui de la crémation. Cette dernière est plus écologique, mais elle pollue quand même. 233 kg de CO2 en moyenne pour une crémation, à cause surtout du gaz utilisé pour la combustion, qui, en plus, rejette dans l’air, des dioxines, et du mercure… Les crématoriums ont d’ailleurs pour obligation depuis l’an dernier de mettre des filtres sur les cheminées.  

Il y a aussi les transports, l’entretien des cimetières (encore avec des pesticides, parfois) et puis… nous. Les vêtements, chaussures, bijoux, bien peu naturels qui nous accompagnent une fois passés de vie à trépas. Les souvenirs emportés par notre corps : plomb dentaire, traces de médicaments, microplastiques. Et les liquides biocides... le formol, que la France est la seule à encore autoriser en Europe avec l’Angleterre. Les soins de conservation - la thanatopraxie - ne sont pas obligatoires mais ont été pratiqués l’an dernier sur 240 000 défunts, plus du tiers. Substances toxiques qui se retrouvent dans les sols une fois que nous sommes devenus poussière, car même les caveaux en béton ne sont pas étanches.

Autant vous dire que s’il n’y avait pas le mot "obsèques "autour de tout cela, personne ne l’accepterait. Et c’est donc le sujet du jour dans la Terre au Carré.

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