Denis Cheissoux, en direct de Grenoble, à l'occasion de la Biennale des villes en transition

Grenoble
Grenoble © Getty / Vanya Dudumova / EyeEm

Corne d'auroch ! Mais quand va t-on rendre enfin invendable l'appendice ornemental nasal du rhinocéros ? C'est la seule solution...

Sans aller jusqu'à piquer les cornes à la strychnine et à les peindre en rouge minium, pour que les braconniers du parc de Thoiry ou d’ailleurs soient prévenus, on peut les enduire de substances répulsives générant à coup sûr des touristas d'enfer, qui rendront impossible cet ignoble commerce ! On l'a déjà fait dans certaines réserves d'Afrique !

Il ne faut rien attendre des marchés asiatiques et de l'évolution des consciences ! Sauf à acheter du viagra à la place, ils les tueront tous jusqu'au dernier, soyez en sûrs, tant qu'il y aura sur terre un dollar à gagner avec.

Bref, en ces temps de violence et de connerie épaisse, si vous avez un rhinocéros chez vous, interdisez lui de sortir seul dans les rues. Ou promenez-le mais seulement avec une laisse, ce sera plus sûr pour tout le monde.

Tout se rejoint dans l'Y géographique grenoblois entre Vercors, Belledonne, Chartreuse et Grésivaudan, les eaux tumultueuses du Drac et la course indolente de l'Isère, le lion contre le serpent, l'ingénieur et le sportif , le rouge et le noir, la haute technologie et l'huile de noix ! Lesdiguières, un homme du XVIIe siècle, y construit un pont, la liberté, l'égalité, la fraternité s'y forgèrent, Aristide Bergès dompta la houille blanche, Petzl le harnais d'escalade.... Deux grands couloirs glaciaires propices au mouvements de masse, aux migrations historiques, militaires, ouvrières et touristiques... Un territoire pilote, d'une belle richesse, ouvert à tous les pionniers, à toutes les énergies et pas que nucléaires.

Le vélo y a trouvé sa place car Grenoble est l'une des villes de la mobilité douce en France, mouvement amplifié par son maire, Eric Piolle. Le vélo est aussi souple à la roue dans les plats que dur aux mollets dans les grimpettes. Territoire sillonné en tous sens par une activité humaine fébrile dévalant des alpages aux marais, qui est partie pour s’étaler...

Et pourtant quelques roselières lacustres, quelques forêts profondes cartusiennes, quelques cimes rocheuses inviolées voient encore s'accrocher un reste de vie sauvage, on peut encore entendre chanter la hulotte, le renard, voir voler le guêpier, l'aigle royal, le tétras lyre, surprendre le lagopède, être surpris par le lynx, tout cela est possible, nous sommes historiquement et au présent sur une terre de résistance et de brassage d'idées, où tout n'est pas que profit, et parmi les hommes et les femmes d'entreprise qui l'habitent, des entrepreneurs agissent avec une opiniâtreté tranquille avec l’idée bien accrochée que prendre soin de son environnement n’est pas l’ennemi de l’économie.

Et c'est que Ici se tient la Biennale des Villes en Transition pour un monde plus résilient et plus apaisé.

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