Jean-Louis Etienne le dit bien : « La nature, c’est tout ce qui échappe à la volonté de l’Homme, et qui lui donne la vie. »

L'actualité climatique en ce moment c'est un peu comme quand marche dans les rues désertes d'une cité balnéaire un jour de tempête, on ne sait jamais si au coin d'un carrefour on va se prendre des embruns frais dans les narines, une grosse poignée de sable, une chaise longue, un dauphin rejeté par la mer, un député en rupture de parti, une tôle rouillée arrachée d'un balcon ou un ancien Premier Ministre cherchant un point de chute à Evry.

Bonn : en pleine valse bavaroise torride à Bonn sur les bords du Rhin, Donald Papa Trump, pas encore en culotte de peau et chapeau à plumes, va serrer très fort Angela sur son cœur, en lui proposant une coupette de schiste bitumineux, un pipeline XL, la possibilité pour les mines à ciel ouvert de polluer les rivières… pour l'ouverture de la COP 23. De quoi s’agit-il ? De clarifier les règles de mise en œuvre de la COP 21. Bref, le début des travaux pratiques.

« La COP quoi ? Mais je n’ai jamais signé cela, ce n’est pas ma signature mais celle de Barack Obama. Je n’y crois pas à votre réchauffement ». Aujourd’hui, une croyance, un fait scientifique, une opinion, de l’intox ou des arguments solides, vous m’assaisonnez tout ça avec un peu de religion, le tout dans le shaker des réseaux sociaux et hop ! Tout est nivelé, tout se vaut (poil au dos), et on se tiendra de plus en plus chaud. Alors Trump, 2e pays en émission de gaz à effet de serre, sortira, sortira pas de l’accord de Paris ?

Paris, revenons-y. Dimanche dernier 22h, il y avait du monde au Louvre pour une méga teuf improvisée. Philippe Auguste n’y fut même pas convié alors qu’en 1190 le roi fit construire une forteresse pour protéger les quartiers de la rive droite, le lieu-dit est appelé "Louvre" dès 1204. Une des explications avancées serait qu’il y avait des loups dans les bois voisins.

"Louvre" viendrait du latin "lupara" ; "luparius", le chasseur de loups. Est-ce un bon présage ? La nature, le sauvage repoussé, piétiné, ennemi de nos modernités conquérantes, raboteuses et asphalteuses du vivant, la nature sera-t-elle mieux considérée durant ce quinquennat ? Je rappelle à ceux qui prennent l’émission En marche que depuis 25 ans avec Jean-Marie Pelt, nous répétons que la nature c’est notre assurance vie, la vraie.

Jean-Louis Etienne le dit bien : « La nature, c’est tout ce qui échappe à la volonté de l’Homme, et qui lui donne la vie. »

Notre nouveau Président, au sourire tout neuf, risque peut-être de se casser ses dents de lait sur les redoutables pavés des conflits sociaux qui l'attendent avant même d'envisager de pouvoir parler de biodiversité et de réchauffement climatique.

A moins que ? Certes, il est difficile de dire que l’environnement a structuré son programme, mais notre jeune Président volontaire changera-t-il de logiciel avec une place à l’environnement bien plus centrale et non à la remorque d’une économie qui scie à la tronçonneuse les branches qui la supportent ? Avoir un programme plus ambitieux que celui de François Hollande n’est pas si compliqué. Après tout, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

Et que font les hommes ? La tête dans les épaules, ils votent sans illusions, font la tortue à défaut de faire l'autruche, ils s'organisent à la base, inventent un monde qui vient au monde, nouveau, solidaire, sans frontières, horizontal. On reste ébahi car la tortue va vite. Serge Orru, qui a créé le Festival du Vent en Corse, nous dit : « Etre exigeant avec notre nouveau Président, 100 fois oui, mais à condition que nous le soyons autant avec nous-même ».

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.