Valsez, tournez les mots et les saisons ! Prévert est en balade depuis 40 ans, mais le printemps fleurit toujours pour les enfants qui prennent un bol, de grand bal de printemps.

Le poète Jacques Prévert en 1948 dans sa maison de St Paul de Vence
Le poète Jacques Prévert en 1948 dans sa maison de St Paul de Vence © AFP

L’herbe et les plantes sauvages sont en fleur sur son carré d’éternité, dans le Cotentin sous l’usine de la Hague.

C’est là que Prévert, radieux pas irradié, attend le printemps en écoutant valser les vagues.

C’est là que naissent et meurent les p’tits, les grands amours.

Un grand bal de printemps qui fait valser les mots qui fait tourner la com, combat deux femmes et combat d’hommes. « Croyez en moi, je suis le meilleur. Adoptez-moi, j’ ferai un malheur ... peut-être le vôtre ? » Allez savoir !

Le paysregardait sa peau balafrée, gorgée de pesticides, de déchets atomiques et d’abeilles mortes - abeilles louées par les élus, par les élus qui votent pour attendre surtout qu’on ait fini de vider la dernière goutte de pesticides de l’usine chimique d’à côté sur la tombe de l’agriculteur inconnu, et les mêmes qui installent des ruches sur le toit de leur mairie car il faut sauver les abeilles, n’est ce pas les enfants ?!

Le pays regardait sa peau recouverte d’aéroports déficitaires, de rocades, de pylônes, de centres commerciaux, de maisons, d’opticiens, de banques et d’écoles en zones inondables, de ronds-points. Ah ça lui gratte la couenne au pays, le rond-point ! 30 000, oui, près de la moitié des ronds-points du monde sont chez nous.

On pourrait peut-être y mettre les monuments aux morts ? On ralentirait encore plus et on réfléchirait à la paix qui est parfois si fragile et à nos anciens dont beaucoup n’ont jamais eu 20 ni 30 ans, de sécu, de portable, de vacances ni d’argent.

Aujourd’hui, les plus riches de nos petits vieux qui ont eu 20-30 ans feront élire nos roitelets, en se faisant plus ou moins cocufier comme tout le monde par la finance hors sol, en faisant rouler le béret dans ses mains face à notre bon maître qui organise et légifère le vol.

Et leurs enfants hériteront et les autres se démerderont avec la révolte ou l’espoir de leurs 20 ans en bandoulière.

Comme la Terre qui hérite de nous, qui lui perçons le dos, qui découpons banquise et Antarctique en glaçons pour boire encore et encore jusqu’à la lie - même si la coupe est pleine, même si le compte de la Terre jour après jour se dégarnit.

Valsez, tournez les mots et les saisons !

Vous le sentez... ce vent tout doux sur la nuque ? Comme une caresse, une main amie qui vous retourne la tête, comme un baiser sur des boucles brunes, une voix qui vous dit : "Regarde ! La vie est là simple, tranquille" .

Non, cette rumeur-là ne vient pas de la ville, c'est le retour du chant des oiseaux, le souffle doux qui demain sera chaud.

Eole pousse les tendrons des feuilles aux arbres, le coucou coucoute, le chœur des grenouilles coasse, le rossignol répète ses vocalises, au creux des buissons les partitions s’amassent, mais pas de mousse. Les "tèc-tèc" des fauvettes se sont tues car déjà elles couvent les futurs petits qui feront "turlututu". Le rouge-gorge, pour les mêmes raisons, se fait discret, et le soir dans les feuilles sèches le hérisson fait un boucan d'enfer - ou un boucan de paradis pour que sa hérissonne se hérisse et se pique de plaisir contre lui.

C’est le printemps ! Il fait trop sombre pour lire encore dans la chaise longue, laissons la nuit aux pipistrelles et les peurs archaïques aux campagnes électorales des discours inconséquents. Cherchez les œufs de Pâques, les œufs de poules mais pas élevées en batteries sauf si elles caquètent dans un Jazz Poupoule Band qui couvrira de jaune, de soleil étincelant les rhumatismes de la vie qui craque.

Alors les enfants, puisque vos parents vos grands-parents ont mis l’environnement aux abonnés absents, qu’ils jouent parfois aux inconscients, pas tous bien sûr, à Colin-maillard avec la Terre que tu ne quitteras jamais, tu n’en as qu’une.

Rappelle-toi, avec Jacques dans ton jardin, dans ton champ, dans ton pré vert : jardine, sème, plante de la vie, qui est parfois formidablement si jolie.

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