Non ce n’est pas possible… on peut célébrer le mois de juin autrement.

La petite entreprise de juin ne connait pas la pluie. Elle a perdu le chemin des nuages.

La lumière ressemble déjà à celle de juillet : un peu moins orangée, elle blanchit comme une chape estivale qui colle les gens au sol. Les moutons de la transhumance ont pris la route de nuit sur les pans du Mont Ventoux tandis que leurs collègues de La Crau ont préféré les camions aérés. Sœur Anne voit bien les routes qui poudroient mais ce n'est pas son frère : c'est le vent sec qui soulève la poussière. De la terre en poudre qui aimerait de l'eau pour recoller aux chemins. Les cigales répètent à l'arrache leur concert de cymbales pour la fête de la musique...

Sinon que se passe-t-il sur le front animalier dans notre pays ?

Un vent nouveau pousserait-il les voiles gonflées de nos certitudes, voilà t'y pas que le Conseil d'Etat annule le classement de certaines espèces nuisibles et donc vient de casser une flopée d'arrêtés préfectoraux abusifs datant de deux siècles et classant nos frères animaux en 2 catégories : nuisibles - utiles ! Notion moyenâgeuse, battue en brèche par toutes les avancées scientifiques en matière d'équilibre de la faune et de biodiversité et même de simple bon sens, que l'on croyait rangée aux oubliettes de nos intolérantes superstitions. Ainsi fouines, belettes, renards, corneilles, étourneaux et mêmes pies reprennent, dans certaines régions, une place normale dans la marche du vivant. Rassurez-vous on pourra toujours en tuer, cela concerne une quinzaine de départements - donc une victoire partielle - et les étourneaux se lâcheront toujours de joie sur le pare-brise de vos voitures (car même avec un arrêté préfectoral, ça ne marche pas) mais ils retrouvent leur rôle naturel dans la pyramide de la vie. Et certaines espèces sont de précieux auxiliaires de l’agriculture.

Saluons le travail de FNE et Humanité et Biodiversité quoi ont déposé un recours commun.

Il ne reste plus qu'à décrocher les blanches peaux d'hermines à la queue noire des robes et manteaux de nos cours de justice… une broutille ! Et même la belle Europe s'y met en interdisant le bisphénol A, ce perturbateur endocrinien reconnu, qui allait jusqu'à se planquer dans les tickets de supermarché. Le nuisible et l’utile ne sont pas toujours là où on croit.

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