60% des primates vont disparaître d'ici 2060...

D'ici 50 ans, les grands singes pourraient bien avoir disparu
D'ici 50 ans, les grands singes pourraient bien avoir disparu © Getty / Michael Duva

S’il y a bien quelqu’un qui a eu le nez creux, c’est Tarzan. A croire que le personnage – sorte de chaînon manquant entre le chimpanzé et le trader de la City – avait anticipé son affaire. Car bondir de liane en liane avec des guenons comme camarades de jeu, c’était envisageable au début du XXe siècle ; ça risque de l’être beaucoup moins dans seulement 50 ans. Et pourquoi donc ?! Tout simplement parce qu’à cette échéance, les grands singes pourraient bien se retrouver aux abonnés absents. Disparus purement et simplement de la surface du globe.

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Une étude scientifique conduite par une trentaine de primatologues, et publiée cette semaine, nous apprend qu’à brève échéance, 60 % des primates sont menacés d’extinction. 75 % de ces populations accusent d’ores et déjà un déclin marqué.

La faute à qui ? Ben comme d’hab, les activités humaines ! La disparition quasi annoncée des espèces végétales ou animales, imputable à l’espèce humaine qui accapare tout et ne souhaite laisser que des miettes aux autres locataires de la planète, on commence à connaître, pas vrai ?!

Sauf que là, c’est un poil différent. Parce que les primates, c’est un peu de nous-mêmes ! Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder certains messieurs au réveil avant qu’ils n’aient saisi le rasoir matinal - ce même rasoir qui, pour peu qu’on y croit très fort, vous rendrait illico président de la République. En d’autres termes, la famille des Hominidés a du plomb dans l’aile, et c’est l’un des membres de la famille qui tire à bout portant sur tous les autres.

Depuis Darwin, nous savons que l’homme est cousin du singe. Et pour en descendre, croyez-moi, il en descend ! De nos jours, il en descend surtout au gros calibre. Tous les motifs sont bons : depuis l’amélioration de l’ordinaire à travers la « viande de brousse », jusqu’au trophée qui fait si joli dans le salon à côté de l’écran plat.

C’est vrai que l’on passe tout de suite pour un brave d’entre les braves lorsque l’on a affronté – avec juste un flingue qui tire des balles de la taille d’un missile – un gorille, un tigre ou un éléphant qui, lui, n’a pas obtenu de port d’armes pour défendre sa petite famille.

Et quand l’Homme n’a plus de cartouches, il dispose d’un autre plan pour continuer de pourrir l’existence de ses cousins primates : c’est la déforestation. En 20 ans, les habitats forestiers occupés par les grands singes se sont réduits d’une superficie égale à six fois la France. Une broutille !

Les plantations de bonne huile de palme incorporée à nos réservoirs, et sans laquelle les chips de l’apéritif ne seraient pas ce qu’elles sont, ont remplacé la forêt. La forêt ? Eh bien, nous en avons même acheté quelques morceaux à l’hypermarché du coin. Il y avait une jolie promo sur les salons de jardin. Un petit goût d’exotique pour mettre sur le gazon. On s’assoit confortablement dedans quand il fait beau… en reprenant des chips.

Alors, les orang-outans, les bonobos, les chimpanzés, les lémuriens, un seul conseil : si d’aventure, vous vous dénichez un petit coin tranquille où vous pensez vous sentir à l’abri - genre canopée confortable même sans la télé – eh bien, investissez dès maintenant même en monnaie de singe !

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