Une nouvelle salve de sondages publiés ces jours-ci montre que le regain de popularité de François Hollande lié à la guerre au Mali est terminé et que le mouvement de baisse de popularité du président a repris.

Oui, avec des niveaux d’insatisfaction extrêmement élevés puisque, selon tous les instituts de sondages, ce sont jusqu’à 70% des Français qui sont mécontents de son action. Alors bien sûr, il faut faire la part des choses : une partie de cette impopularité est explicable ; elle est directement liée à la crise. Je dirais même qu’elle est inévitable, qu’elle existe dans la plupart des pays, et qu’elle frapperait de la même manière un autre gouvernement, une autre famille politique si elle était aujourd’hui au pouvoir. Ce qui est en revanche plus préoccupant, c’est la proportion de Français qui estiment aujourd’hui que François Hollande ne tiendra pas ses promesses : entre 55 et 65% selon qu’il s’agit de réduire le chômage, ou de ne pas augmenter à nouveau les impôts. Et bien entendu, ils ont raison : la profondeur de la dépression économique, la violence de la crise sociale font qu’il n’y a absolument aucune chance pour que le chômage diminue cette année, ni qu’on échappe à des hausses d’impôts ou de taxes et à des coupes dans les dépenses cette année, comme en 2014. Et pourtant, François Hollande et le gouvernement campent toujours sur une ligne qui ressemble de plus en plus à une sorte de déni.

Mais ça changerait quoi d’admettre que le chômage va monter ou que les efforts budgétaires et fiscaux ne sont pas terminés ?

Tout, ça changerait tout. D’abord ça changerait le poids de la parole politique. Promettre qu’on va réformer le Traité européen, nier jusqu’au dernier moment une baisse de la croissance que tous les économistes avaient confirmée, garantir qu’il n’y aura pas de hausse de la TVA ou qu’on tiendra les 3% de déficit public, et à chaque fois se heurter à la réalité, c’est participer à la disqualification de la parole publique. Et on voit les ravages que cela peut faire, par exemple en Italie où l’ancien comique Bepe Grillo a pu rallier près d’un quart des électeurs sur une idée aussi absurde que la semaine de travail de 20 heures. Et puis à côté de cette perte de confiance politique, il y a une perte de confiance économique. Toutes les promesses, tous les engagements deviennent caducs et c’est progressivement une sorte de fatalisme qui s’installe. Or la confiance est un moteur essentiel en économie. Sans confiance, pas de consommation des ménages (ils préfèrent épargner davantage). Pas d’investissement des entreprises, et surtout, pas de création d’emplois. Hors, depuis 10 mois, cette confiance a été malmenée par quantité de signaux mal vécus par ceux qui font tourner l’économie. Regardez ce qui se passe sur l’immobilier : dans un contexte économique déjà fragile, le choc fiscal et la chasse aux niches ont gelé le marché. Résultat, on va construire cette année moins de 300.000 logements, une des plus piètres performances de ces 20 dernières années. Et que dire de cette amnistie votée par le Sénat en faveur des syndicalistes condamnés à des peines allant jusqu’à 5 ans de prison ? Il faut bien comprendre que c’est quelque chose de dévastateur par exemple auprès des investisseurs étrangers, dont nous avons pourtant vraiment besoin. La confiance : c’est un facteur qui ne se met pas en équation, qui s’érode rapidement mais qui est très long à reconstruire. Et la popularité, c’est un peu la même chose.

C’était l’édito de Nicolas Beytout !

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