C’est une semaine chargée qui commence aujourd’hui. Il y a bien sûr la conférence de presse de François Hollande. Mais c’est aussi le début d’un processus de consultation des partenaires sociaux en vue de préparer la grande conférence sociale de juin.

Oui, tout se passe un peu comme si la France se réveillait brusquement d’une semaine ou deux de torpeur, 15 jours marqués par des ponts à rallonge, et qu’il fallait se précipiter avant la semaine prochaine qui, elle aussi, sera amputée d’une journée : le Lundi de Pentecôte. Or, ce qui va se passer aujourd’hui pourrait bien sonner comme un douloureux rappel à la réalité. Le Premier Ministre et une partie de son gouvernement recevront en effet les partenaires sociaux pour leur dire, justement, au lendemain de cette période en mode relax, qu’il va falloir travailler plus. Toute la journée vont se succéder les syndicats et le patronat, et à tous Jean-Marc Ayrault exposera le menu de la grand-messe sociale qui devra se tenir en juin prochain : retraites, allocations familiales, formation professionnelle, pouvoir d’achat, les sujets ne manqueront pas.

Et quelle devrait être la position des partenaires sociaux ?

Côté patronal, c’est un peu difficile à décrypter : Laurence Parisot sera dans sa dernière ligne droite puisque son mandat se termine début juillet et même si son successeur sera vraisemblablement connu, on ne pourra pas savoir avant de le voir à l’œuvre quelle sera sa posture vis-à-vis de ces grand-messes, ces « Grenelle » comme on dit. Côté syndicats, il y aura moins de mystère : hostilité franche et massive de la part de la CGT ; hostilité méfiante de FO ; hostilité raisonnée du côté de la CFDT. Alors tout ça n’ira probablement pas jusqu’à la reconstitution d’un bloc syndical, d’une unité syndicale (celle-ci s’est fracassée depuis longtemps). Mais personne, même les syndicats les plus réformistes, ne veut plus cautionner un processus dans lequel le gouvernement devra expliquer qu’il va falloir travailler plus, ou payer plus, ou recevoir moins. Dans tous les cas, des hypothèses pas franchement agréables…

Il y a quand même au menu un sujet moins négatif, c’est la formation professionnelle…

Oui, bien sûr, mais franchement ça ne transporte pas les foules. On comprend la nécessité d’avoir un bon système de formation professionnelle. On admet qu’il faille le réformer, même si ça risque de déstabiliser pas mal les finances des différents partenaires sociaux. Mais de là à mobiliser en faveur de ce genre de réforme, il y a un loin. On ne se bat pas pour un sujet comme la formation professionnelle, on ne descend pas dans la rue, on ne mobilise pas. En revanche, on peut mobiliser contre les autres projets. Et là, il est vrai que les syndicats ont de quoi être troublés. Un an presque jour pour jour après la victoire de leur candidat (je vous rappelle que la CGT avait appelé à voter Hollande et que la CFDT avait appelé à faire battre Sarkozy), les voilà obligés d’avaler une réforme (celle des retraites) exactement à l’inverse de ce qu’ils avaient compris des projets de leur candidat (vous vous souvenez : le retour à la retraite à 60 ans pour ceux qui avaient commencé à travailler tôt). C’est tout l’enjeu des semaines à venir. Expliquer à tous, aux syndicats comme à l'opinion, que tout cela n’est pas du double langage, mais que ça s’appelle la social-démocratie…

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