Alors que les sondages de popularité de François Hollande continuent de chuter, le Président entame cette semaine une deuxième phase dans sa tentative de reconquête de l’opinion.

Oui, la première phase avait été le voyage à Dijon, il y a 15 jours, un voyage de 36 heures conçu pour renouer le contact avec le peuple et qui avait plutôt raté. L’essentiel avait été construit autour de la communication, sans véritable annonce, mais il y avait eu plus de ratés filmés par les nombreuses caméras présentes, que de véritables annonces. Bilan très mitigé, donc, que François Hollande va s’efforcer de corriger lors de son intervention jeudi, sur France 2. 45 minutes d’une émission taillée sur mesure, et une prise de parole qui doit une nouvelle fois tenter de donner du sens à l’action du gouvernement. Alors évidemment, tout ça va se passer dans un contexte politique très lourd, avec une accélération des événements (démission de Jérôme Cahuzac, mise en examen de Nicolas Sarkozy, manifestations d’hier) qui doit accroître le désenchantement des Français vis-à-vis de la politique.

Et puis, il y a le contexte économique, et l’INSEE vient de donner d’assez mauvaises nouvelles…

Oui, l’économie française est à l’arrêt : zéro croissance au premier trimestre et à peine mieux (0,1%) au deuxième trimestre. Ce qui est très frappant, dans la communication de l’INSEE, c’est qu’aucun chiffre ne ressort vraiment : la croissance ? Zéro. L’épargne, zéro, comme l’investissement : zéro. C’est vraiment une économie complètement à l’arrêt, avec un chômage qui va encore progresser, et un pouvoir d’achat qui va continuer à reculer. Et ce qu’on peut espérer de mieux, toujours selon l’INSEE, c’est faire 0,1% de croissance en 2013 (mais à condition que la croissance revienne nettement au 2° semestre). Pas gagné…

Cela dit, l’INSEE et tous les instituts de conjoncture européens soulignent que la panne de croissance touche tous les pays européens. En fait nous sommes dans la moyenne de la zone Euro…

C’est exact, mais comme souvent les moyennes peuvent être trompeuses. Au sein du club Euro, il y a les trainards (avec comme toujours l’Europe du Sud), les élèves moyens, dont la France, et puis les bons. L’Allemagne, encore elle, a une économie déjà en rebond, même si elle a connu un très brutal coup de frein fin 2012. Ca signifie d’ailleurs que si la crise est effectivement assez centrée sur l’Europe, elle ne doit pas servir d’alibi au gouvernement. La crise frappe l’Europe, mais pas tous les européens. La crise frappe d’autant plus fort les pays qui ont fait des choix de politique économique qui se sont retournés contre eux. En France, on pourra discuter à l’infini les choix de François Hollande : le choc fiscal, l’augmentation puis le gel des dépenses publiques. Et on trouvera toujours des économistes pour soutenir ou critiquer ces choix. Mais ce qui m’apparaît le plus lourd de conséquence dans ce qu’a fait le gouvernement depuis 10 mois, c’est la manière dont il a progressivement détruit la relation de confiance avec les créateurs de richesses, et avec les créateurs d’emplois. C’est (entre autres) ce lien qu’il doit recréer. Je ne sais pas si 45 minutes de télé pourront y suffire.

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