On entre cette semaine dans la dernière ligne droite des élections américaines. Le vote par anticipation a d’ailleurs commencé et Barack Obama lui-même a déjà voté. Mais c’est l’incertitude totale sur qui pourrait gagner.

Oui, et c’est une différence énorme avec la situation telle qu’elle était il y a quelques semaines encore. Car personne, alors, ne donnait cher de Mitt Romney. Il était volontiers présenté comme trop riche, trop à droite, trop gaffeur pour avoir la moindre chance. Et à l’inverse, on nous parlait souvent d’un Barack Obama trop expérimenté, trop politique, trop charismatique aussi pour être battu. Or la réalité est différente, et il faut bien admettre que le Président américain est beaucoup plus populaire et apprécié hors de son pays que chez lui. Et ce n’est pas un phénomène récent. Non, c’est quelque chose qui prend racine dans les débuts de son mandat. Car très vite, une fois passé le choc, le côté extraordinaire de son élection, Barack Obama a déçu dans son pays. Et un an après son élection, au moment même où il recevait un surprenant Prix Nobel de la Paix, il était critiqué chez lui pour son manque d’esprit de décision, il s’enlisait dans les sables d’une réforme du système de santé incroyablement complexe et il perdait bon nombre de soutiens dans son propre camp, jusqu’à la défaite aux élections de mi-mandat, se retrouvant forcé à une sorte de cohabitation assez invalidante avec la Chambre des Représentants. Ca plus la crise, ca a fini par donner un bilan assez contrasté… Oui, parce qu’il y a tout de même la crise ! Elle a bien sûr pesé sur tout son mandat ?

Evidemment, oui. Mais justement, sur ce point, Barack Obama termine plutôt bien son bail à la Maison Blanche. La croissance est en train de se ranimer lentement et le pays n’a plus connu de récession depuis la mi-2009. L’emploi (qui est un indicateur essentiel dans le débat américain) se redresse également et le chômage –même si ça n’est pas brillant- se retrouve pour la première fois depuis 2008 en-dessous des 8% de la population active. Et bien que près de 2 Américains sur 3 considèrent toujours que le pays est en dépression, le moral des consommateurs est orienté à la hausse, et les ventes de logements et d’automobiles ont redémarré.

Tout cela devrait donc jouer en faveur du Président sortant?

Certainement, oui. La période qui s’ouvre maintenant est d’ailleurs très intéressante. Car ce qui se joue désormais là-bas, ce n’est plus tellement de savoir si on va sortir ou pas de la crise, mais ce qui se passera dans l’après-crise. Les centaines de milliards de dollars versées sur quelques 700 banques pour les sauver, les hausses d’impôts, l’accélération de la dépense publique et de la dette publique, ont réinstallé la question du poids de l’Etat au cœur des débats. Qu’on me comprenne bien : ce n’est pas (comme en Europe, et en France en particulier) la question de savoir si on sera rattrapés par nos créanciers (avec le dollar, les Américains sont au-dessus de ces préoccupations). Non : le problème, c’est quelles places, quels rôles respectifs pour l’Etat et pour l’initiative privée. Maintenant que la magie Obama s’est largement dissipée, on en revient à un débat classique là-bas, autour d’un choix qui a toujours structuré la société américaine. Réponse dans quelques jours.

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