Au Royaume-Uni, retour sur l’histoire d’un ouvrier, fabricant de saucisses, devenu le poète le plus célèbre d’Angleterre. Un habitant de Manchester qui a aidé les anglais à tourner la page des attentats.

Il se fait appeler Longfellow, le « gars un peu grand », à cause de son mètre 96, mais son vrai nom c’est Tony Walsh. Et s’il est aujourd’hui incontournable, c’est parce que l’un de ses poèmes vient de faire le tour du monde.

This is the place. C’est le titre de ce texte, hommage à la ville de Manchester. Ecrit en 2013, passé un peu inaperçu a l’époque mais qui est devenu, après l’attentat du mois de mai dernier, une sorte de manifeste. Parce que Tony Walsh a été invité à le lire en public, juste après les attaques, pendant la cérémonie d’hommage aux victimes, et que le poème est devenu une sorte de prière, de revendication collective. 

Je vous lis un extrait du poème. C’est ici que les nôtres sont venus travailler, c’est ici qu’ils ont lutté. Ils toussaient sur les pavés au son assourdissant des machines fumantes. Ils nous ont laissé un esprit, une façon de survivre de construire, de se connecter et de créer

Le livre publié dans la foulée a permis de récolter près de 180 000 euros pour aider les associations de victimes. Et ces mots sont aujourd’hui partout. Sur des tee-shirts, sur des tasses de thé. Je croise même des gens qui se font tatouer le texte sur le bras ou sur le dos.

Un changement radical

Tony Walsh n’avait, jusqu’ici, publié qu’un seul recueil de textes, il s’était produit dans plusieurs festivals, après avoir multiplié les petits boulots, à la poste, dans une boulangerie, et dans une usine de fabrication de saucisses. Il est maintenant demandé partout, dans les festivals, les salons du livre, sur les plateaux de télé..  

Mon avenir est assuré, dit-il et il annonce, ce matin, qu’il cède tous ses droits à la ville de Manchester et à la fondation Forever Manchester. Les MJC, les bibliothèques, les écoles, les universités pourront utiliser le texte gratuitement, les autres, les entreprises privées, notamment devront payer, et l’argent sera utilisé pour la population pour tourner la page des attentats.

Sept mois après l’attaque de Manchester, est-ce que les britanniques ont tourné la page de l’année 2017 et des cinq attentats qui se sont produits cette année. 

C’est un sujet qui reste très présent. Même la Reine, dans son message télévisé le jour de noël a parlé de ces attaques qui ont coûté la vie à 41 personnes. Il y a régulièrement, dans les journaux, les témoignages de rescapés, pour porter ce message de résilience. Ce matin encore, dans les tabloids, le portrait d’un homme qui a été touché par 22 impacts lors de l’explosion de Manchester. 

Les actions pour les familles de victimes continuent. Les deux mille peluches qui avaient été déposées sur la place saint Anne au centre de Manchester en hommage aux victimes ont même été nettoyées, séchées, réparées, et données à des enfants défavorisés. Et même l’adjointe au maire de Manchester le dit. Il faut prendre cette énorme famille de nounours et aller de l’avant. Là-aussi, c’est presque de la poésie.

Les invités
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.