Il semble que les Etats-Unis seraient prêts à reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël dès aujourd'hui.

C'est effectivement ce qui se dit, même si les rumeurs sont plus prudentes. D'abord pourquoi aujourd'hui ? Parce que tous les 6 mois, le président américain doit se prononcer sur la question.

Il y a 6 mois, Donald Trump, comme tous ses prédécesseurs, avait repoussé de 6 mois la décision. En clair, sa main a tremblé, alors qu'il en avait la promesse pendant la campagne présidentielle. C'était d'ailleurs une bonne chose.

Une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qu'aucun pays n'a fait jusqu'à présent, aurait obéré toutes chances de paix globale entre Palestiniens et Israéliens. Pourquoi gâcher les chances d'un plan de paix alors qu'il suffit d'attendre ?

Reste qu'on sent bien que quelque chose se passe. Les calculs complexes des spécialistes de la région parient sur 6 mois de plus pour la reconnaissance officielle mais, en même temps, pour un discours de Trump mercredi incluant Jérusalem capitale d'Israël.

C'est vrai qu'aujourd'hui, sur ce sujet comme sur d'autres, il est presque aussi compliqué de suivre la pensée trumpienne que de décrypter les termes du conflit actuel. Ce qu'on sent, c'est que les choses sont en train de bouger très vite dans la région.

A commencer par les Palestiniens qui, en quelques semaines, ont trouvé le moyen d'un accord de gouvernement entre le Hamas, retranché à Gaza, et le Fatah en Cisjordanie. Cela faisait 10 ans que tout le monde courrait après un tel accord.

Ensuite, il y a des rapprochements inattendus dans le monde arabe. Il y a l'Arabie saoudite qui laisse de plus en plus ouvertement entendre qu'elle voit en Israël un allié plus qu'un ennemi, notamment face à l'Iran.

Or, s'entendre avec les Israéliens pour un Etat arabe, c'est un vrai tabou. Les Saoudiens tentent d'ailleurs de banaliser la portée de cet accord qui pourrait d'abord être sécuritaire : après tout, disent-ils, ils viennent après l'Egypte et la Jordanie.

La Jordanie qui pourtant ne veut pas de cette reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d'Israël.

C'est effectivement ce que le roi Abdallah II de Jordanie, est venu expliquer au Congrés des Etats-Unis. Avec une nuance tout de même : il a dit qu'une reconnaissance de Jérusalem ne pouvait être comprise des Palestiniens que dans le cadre d'un plan global.

Or c'est précisément ce que les américains sont en train d'imaginer autour d'une équipe de 4 hommes réunis autour du gendre du président Trump Jared Kushner. Une équipe formée de 3 Juifs orthodoxes, dont Kushner lui-même, et d'un copte égypto-américain.

Tous n'ont qu'une connaissance limitée de la région. Aucun diplomate n'est venu la renforcer. A la décharge de cette équipe faite de bric et de broc, il faut dire que les diplomates les plus chevronnés du monde entier ont échoué depuis 70 ans.

Donc changer la façon de penser ce conflit, tenter de renverser la table en proposant une vision neuve, profiter de la fin du conflit en Syrie et de la peur panique de l'Arabie saoudite face à l'Iran pour aller de l'avant est peut-être une bonne chose.

C'est aussi très dangereux, surtout si l'on prend le temps d'écouter les officiels palestiniens. Ils expliquent que les Etats-Unis ont l'intention d'amener les Arabes à garantir leur plan, de récompenser Israël avec Jérusalem et de faire pression sur les Palestiniens pour qu'ils signent.

Autrement dit, tout le monde se mettrait d'accord sur le dos des Palestiniens. C'est précisément ce qu'il faut éviter. Le Hamas parle déjà d'une nouvelle Intifada et le Fatah, a récemment décidé de suspendre ses relations avec les Etats-Unis. Du jamais vu !

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