L’événement de la semaine à San Francisco : l’inauguration d’un gratte-ciel. La Tour Salesforce doit ouvrir le 8 janvier. Elle fait 326 mètres de haut, deux mètres de plus que la Tour Eiffel. Ce n’est pas un record mais dans une ville sans gratte-ciels, c’est un changement important.

San Francisco, connue pour ses rues en pente, ses ponts, ses vues sur la Baie. Et son brouillard, aussi. Pas particulièrement pour ses immeubles élevés. Il y en a quelques uns dans le downtown, mais rien à voir avec les « canyons » urbains de New York. San Francisco aime les ciels dégagés. Dans les années 1970, on y a manifesté contre les gratte-ciels. Une limite avait même été imposée : 167 mètres de hauteur pour les nouveaux immeubles.

C’est donc une page qui se tourne. La Tour Salesforce, située au croisement de First et Mission street, est finie depuis octobre. La capitale des technologies se dote de son premier gratte-ciel. Ses premiers employés emménagent le 8 janvier. Elle compte 61 étages et mesure 326 m de haut. C’est nettement moins que le One World Trade Center à New York (540 m) et que l’Empire State building (443 m). Mais à l’échelon local, c’est important : elle fait 66 mètres de plus que la pyramide de la compagnie d’assurances TransAmerica qui régnait sur le skyline depuis 1972. Surtout on la voit de partout. De Berkeley, du Fisherman’s wharf. Ce qui suscite évidemment des critiques. Certains craignent la « manhattan-isation », la course à la hauteur.

  • C’est quoi cette tour ?

C’est la tour Salesforce, donc. Du nom du géant du logiciel de bureau et du « cloud » computing, le stockage immatériel des données, sur le « nuage » informatique. Sur les 61 étages, 36 seront occupés par des employés de la société. On ne peut pas mieux illustrer les mutations de la région : voilà une société qui n’a même pas 20 ans. En dix ans, le nombre d’emplois technologiques a triplé dans la ville. Le secteur représente maintenant 80.000 emplois. A San Francisco, si vous travaillez dans un bureau, il y a 28 % de chances que vous soyez employé dans la tech. C’est juste un peu moins qu’à Seattle, le siège d’Amazon. 

Le Pdg de Salesforce, Marc Benioff, 53 ans, un enfant de la ville, est à l’avant-garde des patrons progressistes de la Silicon Valley. Il a donné 250 millions pour rénover l’hôpital des enfants : il y a fait installer une flottille de 25 petits robots qui distribuent les repas et les médicaments.
Marc Benioff était déjà millionnaire à 25 ans. Un parcours classique dans la Silicon valley : il est parti en Inde pour chercher sa voie, il y a rencontré un gourou et il est devenu l’apôtre du « capitalisme compassionnel ». Salesforce redistribue 1 % de ses ressources à des associations qui œuvrent au « bien commun », un principe qui est devenu un modèle pour la philanthropie d’entreprise.
Marc Benioff l’a répété : il n’aura pas de bureau au sommet de la tour et ne monopolisera pas la vue. Le dernier étage sera réservé aux réunions avec le personnel et aux événements festifs. Et les associations caritatives ne sont pas oubliées. A 300 m au-dessus du commun des mortels, elles pourront organiser des soirées qui leur permettront de collecter des fonds. Une cinquantaine d’associations sont déjà sur les rangs. C’est ça le capitalisme compassionnel : la vue sur la baie sera redistribuée...

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