Savez-vous qu’un nouveau groupe terroriste sévit en Egypte ? Les services de renseignement et de police du président Sissi sont sur les dents...

Médias et autorités ont jeté l'opprobre sur l'homosexualité en Egypte en multipliant les arrestations
Médias et autorités ont jeté l'opprobre sur l'homosexualité en Egypte en multipliant les arrestations © AFP / Peter Parks

Les autorités sont obligées de se camoufler derrière des pseudonymes et des alias pour surfer sur des sites de rencontre afin de capturer de dangereux homosexuels. Et oui, il n’y a pas de quoi rire: les gays, les homos, sont la nouvelle cible de l’Etat égyptien.

Au moins 11 d’entre eux ont été arrêtés depuis la fin septembre, d’après l’organisation Human Rights Watch. Les procès se multiplient, au moins 34 lors de l’année écoulée. Et ils se terminent le plus souvent par des condamnations à de lourdes peines, très lourdes.

Six ans de prison par exemple le 26 septembre pour un malheureux jeune homme, plus six autres années de mise à l’épreuve durant lesquelles il ne pourra pas sortir de chez lui de 6 heures le soir à 6 heures du matin. Le motif de la condamnation: débauche publique, quand ce n’est pas prostitution. Car l’homosexualité n’est pas interdite en Egypte, elle n’est juste pas tolérée.

A l'origine de cette campagne de répression, il y a le concert de Mashrou' Leila, un groupe Libanais dont le chanteur s'affiche ouvertement gay. Au cours de leur prestation le 22 septembre au Caire, des jeunes hommes sont sortis du public pour monter sur scène, et agiter un drapeau arc-en-ciel. Ce sont eux qui ont été arrêtés après identification vidéo.

Vous êtes homo en Egypte ? C'est possible mais il ne faut ni le revendiquer, ni demander des droits puisque vous n'existez pas. La situation du pays, crise économique et situation sécuritaire précaire, est la raison de fond de ces actions. Il s'agit là de détourner l'attention de l'opinion public, et les homos sont de parfaits boucs-émissaires.

Pour un régime qui combat les Frères musulmans et l'islamisme, tout ceci paraît un peu contradictoire. Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi est la preuve qu'on peut être anti-islamistes sans être progressiste pour autant. Ce qu'il combat c'est l'utilisation de l'islam en politique pour lui faire concurrence. Mais l'intégrisme reste bien pratique. Il sert au régime à contrôler la population, à flatter ses instincts réactionnaires.

Il serait temps pour la France de rappeler que la répression des homosexuels n'est pas compatible avec nos valeurs en Egypte, comme ailleurs.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.