Porto Rico, cette île paradisiaque des Caraïbes vit un enfer. Il y a un peu plus de trois mois, l’ouragan Maria a traversé l’île avec des vents de 250 km/h qui ont laissé derrière eux un sillage de mort et de destruction.

Tout a été détruit, les maisons, les routes, les canalisations d’eau, les câbles électriques. C’est la désolation. Pendant trois semaines, l’île est restée sans électricité. Depuis, elle est rétablie peu à peu, mais 30 à 50% des foyers n’ont pas encore le courant. Il faudra encore huit mois avant un retour à la normale.

Mais il y a plus grave, c’est le bilan humain.

On ne sait pas exactement combien de personnes ont péri. Pendant des semaines, le bilan officiel n’était que de 16 morts. Un chiffre ridiculement sous-estimé, dont Donald Trump s’était vanté, lors de son passage calamiteux sur l’île, en le comparant aux 1800 morts causés par Kathrina, l’ouragan qui avait dévasté La Nouvelle Orléans en 2005. 

Désormais, les autorités locales reconnaissent 64 décès. Cela reste ridiculement sous-estimé. Selon Omaya Sosa Pascual, une journaliste locale qui a enquêté sur le sujet, le bilan direct et indirect de la tempête Maria est d’un millier de morts. Indirect pourquoi? Parce que nombre de personnes âgées ou de malades chroniques sont décédés des suites des pénuries d’eau ou d’électricité.

Or Porto Rico, ce n’est pas un pauvre Etat des caraïbes comme la Jamaïque ou Haïti, Porto Rico c’est les Etats-Unis. L’île est, plus exactement, un territoire non incorporé américain, c’est à dire un territoire dont les habitants ont la nationalité américaine mais pas la citoyenneté, donc pas le droit de vote. Ils ne sont pas représentés au Congrès à Washington et l’île n’a pas le statut d’un Etat comme les 50 autres Etats américains.

Quelle est la conséquence de ce statut ?

Il y a deux conséquences. La première, c’est que Porto Rico a tous les inconvénients des Etats-Unis, mais pas les avantages, c’est à dire la solidarité de l’Etat fédéral en cas de coup dur. On l’a vu par le passé, quand Porto Rico, qui vivait des exemptions de taxes, a perdu cet avantage entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000. Les entreprises ont quitté l’île et les dettes se sont accumulées, jusqu’à atteindre la somme colossale de 70 milliards de dollars et ça c’est sans les retraites, qui se chiffrent à 55 milliards de dollars. Et c’est sans compter avec le coût de la reconstruction de l’île après l’ouragan Maria. L’estimation se monte à 95 milliards de dollars.

Mais les Portoricains ont une liberté, celle de s’installer comme ils le souhaitent aux Etats-Unis, puisqu’ils ont des passeports américains. On estime que, depuis le passage de l’ouragan, 280 000 d’entre eux sont partis pour rejoindre le continent. C’est énorme, un peu moins de 10% de la population estimée à 3,4 millions.

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