Entre la Californie et le gouvernement fédéral, c’est l’escalade. Le Golden State se sent particulièrement visé par plusieurs mesures récentes prises par l’administration Trump. Avec un horrible soupçon : qu’il s’agisse de représailles contre un Etat qui a pris la tête de la « résistance » au président républicain.

C’est un petit air de paranoia qui s’est développé ici, en effet, un an après l’élection de Donald Trump. Les Californiens se sentent visés, leur mode de vie est attaqué. 

La légalisation de la marijuana, par exemple. Les ventes de cannabis récréatif ont commencé le 1er janvier.  Trois jours après, le ministre de la justice abrogeait la circulaire de 2013 de Barack Obama qui avait permis aux Etats de développer un marché réglementé, et taxé, bien que la marijuana reste illégale sur le plan fédéral. De quoi refroidir les banques et les investisseurs, même si la vente continue.

Autre mesure qui provoque un tollé : les forages pétroliers off shore. C’est un « non non » en Californie, aussi bien chez les démocrates que les républicains, depuis la marée noire de 1969 au large de Santa Barbara. Tous les gouverneurs de la côte Ouest sont contre les forages. Le gouverneur de Floride aussi, mais lui est un républicain : mardi, le ministre de l’intérieur a annoncé que les eaux territoriales y seraient exemptées de forages. La Floride est « unique », a-t-il dit, comme s’il y avait des favoris dans le fédéralisme américain...

Et il y a aussi le fait que Donald Trump n’est pas encore venu en Californie. C’est la première fois qu’un président ne visite pas l’État le plus peuplé pendant la première année de son mandat. Non pas qu’il serait particulièrement bien accueilli, cela dit, mais la presse remarque qu’il n’a même pas séjourné sur son golf de Rancho Palos Verdes, près de Los Angeles.

  • Plus sérieux, la réforme fiscale adoptée fin décembre par le Congrès.

Là, c’est la guerre. Le gouverneur Jerry Brown l’a qualifiée de « monstruosité ». Et il l’a dit tout net : « C’est une mesure qui vise à punir la Californie pour avoir voté Hillary ».
Le plan supprime un certain nombre de déductions fiscales. Les contribuables ne pourront plus soustraire la totalité de leurs impôts locaux dans le calcul de leur impôt fédéral. Plafond : 10.000 dollars. Dans les Etats riches qui ont des taux d’imposition élevés, les répercussions risquent d’être importantes. Comme par hasard, ce sont des Etats démocrates. New York, et la Californie, où les taxes locales (13,3%) sont les plus élevées du pays. Plus de 6 millions de Californiens vont être pénalisés, soit 1 contribuable sur trois.

A quoi s’ajoute la suppression à partir de 2019 des déductions pour la destruction de propriétés en cas de catastrophes naturelles -  sauf si le désastre fait l’objet d’une proclamation présidentielle : cela, dans un Etat qui a compté plus de 7000 incendies l’an dernier.

Les républicains ne s’en cachent pas. C’est une revanche. Ils sont persuadés que les contribuables californiens vont prendre conscience du poids des taxes locales et faire pression sur leurs élus démocrates pour réduire les programmes de protection sociale ou de l’environnement. Comme le disent les militants Tea Party, la Californie ne pourra plus faire « subventionner ses immigrants clandestins et ses programmes d’assistanat » par le reste du pays. 

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