Christophe Ayad revient sur l'affaire Salah Hamouri. Agé de 32 ans, il a déjà passé plus de six ans en prison, entre 2005 et fin 2011. Il est à nouveau en prison depuis le mois d’août dernier. Interrogé par la police, il n’a été, à ce jour, ni déféré devant un juge, ni inculpé.

Salah Hamouri lors de sa libération en 2011
Salah Hamouri lors de sa libération en 2011 © AFP / AHMAD GHARABLI

Un Hierosolymitain comme on dit en langage savant, bref un habitant de Jérusalem. Il s’appelle Salah Hamouri. C’est un jeune Franco-Palestinien de 32 ans. Mère française, père palestinien. Il est étudiant en droit. Un peu âgé pour un étudiant, mais c’est parce qu’il a déjà passé plus de six ans en prison, entre 2005 et fin 2011. Ce qui a quelque peu retardé sa scolarité.

Il est à nouveau en prison depuis le mois d’août dernier. Le 23 août précisément, les forces de sécurité israéliennes sont venues l’interpeller chez lui. Interrogé par la police, il n’a été, à ce jour, ni déféré devant un juge, ni inculpé. Il est détenu en vertu d’une loi qui remonte au mandat britannique et autorise la détention administrative. Israël s’en sert abondamment. Au 1er novembre, ils étaient 450 Palestiniens détenus en vertu de la détention administrative, dont un certain nombre sont même des mineurs. C’est un régime d’un autre âge et qui n’est pas digne d’une démocratie moderne. 

La situation de Salah Hamouri est d’autant plus cruelle que son épouse française, Elsa Lefort, est interdite d’entrer en Israël depuis début 2016. Autre cruauté, trois jours avant son arrestation, Salah Hamouri venait de passer le concours du barreau palestinien, pour devenir avocat, le métier dont il rêvait.

Qu’est-ce que les autorités israéliennes reprochent à Salah Hamouri ?

C’est bien le problème. Il ne sait pas, ses proches ne savent pas. On dispose, tout au plus d’une déclaration anonyme de la police qui le soupçonne de s’être engagé dans des activités politiques illégales. En fait, il est un membre actif d’Addameer, une ONG qui défend les droits des prisonniers palestiniens.

Salah Hamouri en connaît un rayon sur la question, puisqu’il a passé, comme je l’ai dit tout à l’heure, 6 ans dans une prison israélienne, dont trois en détention administrative. Accusé d’avoir projeté d’assassiner le rabbin séfarade ultra-orthodoxe Ovadia Yossef et d’appartenir au FPLP, un groupuscule palestinien de gauche, il a été condamné à 7 années de prison en 2008. Son procès s’était tenu devant un tribunal militaire. Le procureur n’avait pas pu produire de preuve matérielle. Mais le jeune homme avait accepté de plaider coupable pour obtenir une peine réduite de moitié, sept ans tout de même.

Finalement, il a été libéré fin 2011, six mois seulement avant la fin de sa peine. Israël l’avait inclus dans l’échange de prisonniers avec le Gilad Shalit, un jeune soldat franco-israélien otage du Hamas. Cette nouvelle arrestation ressemble donc à une forme d’acharnement.

Que fait la France pour Salah Hamouri ?

A l’époque de sa première incarcération, les autorités françaises avaient fini par se mobiliser pour obtenir sa libération. Emmanuel Macron, lui, a choisi la discrétion. Si le sort de Salah Hamouri a été évoqué durant le tête-à-tête qu’il a eu dimanche à l’Elysée avec Benyamin Nétanyahou, son nom n’a pas été prononcé lors de la conférence de presse qui a suivi.

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