En Grande-Bretagne, alors que les négociations sur le Brexit s'annoncent particulièrement difficiles, la Première ministre est en très mauvaise posture.

Theresa May est en mauvaise posture et cela ne facilite pas les choses. S'il y a un job dont vous ne voulez pas en ce moment, c'est celui de premier ministre de Sa Majesté la reine Elizabeth. Avoir à négocier la sortie de son pays de l'Union européenne est déjà en soi une tache TITANESQUE, un casse-tête politique et bureaucratique comme aucun diplomate n'en a jamais vu, surtout quand on est 1 contre 27 et que ces 27 pays-là, pour une fois, sont unis.

Mais s'il n'y avait que ça !

Depuis les élections du mois de juin, qui se sont soldées par un fiasco pour Theresa May puisque son parti, le parti conservateur, a perdu la majorité absolue au Parlement, les ennuis s'accumulent pour la première ministre. Et ils s'accumulent quo-ti-dien-nement.

Par exemple ?

Theresa May vient de perdre deux de ses ministres en l'espace d'une semaine. Le premier, le ministre de la défense, a été emporté par la vague du «#MeToo » - cette version anglaise de notre campagne contre le harcèlement sexuel #BalanceTonPorc. La deuxième, ministre du développement, a dû démissionner lorsqu'il a été révélé qu'elle menait de sa propre initiative des tractations secrètes avec le gouvernement israélien pendant ses vacances. Et aujourd'hui, c'est le ministre des affaires étrangères, le flamboyant Boris Johnson, qui est sur un siège éjectable à cause d'une gaffe d'une extrême maladresse sur une ressortissante britannique détenue en Iran.

Comme si cela ne suffisait pas, Theresa May doit faire face à une rébellion dans les rangs de sa majorité, déjà très mince, à la Chambre des communes. Elle qui avait cru amadouer les députés en leur proposant de voter sur l'accord du Brexit une fois qu'il serait conclu avec Bruxelles s'est réveillée ce matin avec, en Une du Daily Telegraph, la photo des 15 « Révoltés     du Brexit » : comme François Hollande, elle aussi ses frondeurs, 15 députés conservateurs qui refusent le Brexit. L'une de ces députés a, aujourd'hui, contacté la police après avoir reçu des menaces sur les réseaux sociaux.

Et comme en Grande-Bretagne aussi les ennuis volent en escadrilles, Theresa May se bat en même temps sur le front russe : ses services de renseignement accusent la Russie d'avoir tenté d'influencer la campagne du référendum du Brexit, comme elle l'a fait aux Etats-Unis, à l'aide de faux comptes Facebook, pour semer la discorde et des fake news.  

Mais alors tout ça risque de mal se terminer ?

Oui, très mal, car la position de Theresa May est de plus en plus chaotique, au point que certains se demandent si son gouvernement tiendra jusqu'à Noël. A Londres, les mauvaises langues disent que si elle tient encore, c'est d'une part parce que personne ne veut de son poste, et d'autre part parce que les conservateurs ont trop peur que de nouvelles élections portent le parti travailliste au pouvoir, et surtout son chef actuel, Jeremy Corbyn, qu'ils considèrent comme un dangereux gauchiste.

La mauvaise nouvelle dans tout ça, c'est que plus l'atmosphère politique se dégrade de l'autre côté de la Manche, plus les discussions du Brexit seront compliquées à mener pour Michel Barnier, le négociateur de l'Union européenne. Et ça, ce n'est bon pour personne.

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