Rien ne va plus entre Londres et Washington semble-t-il. Décidément les soucis s'accumulent pour Theresa May ?

Vous vous souvenez pourtant de cette visite de Theresa May à Washington, il y a bientôt un an ? La première ministre britannique était le premier chef de gouvernement étranger à rendre visite au nouveau président Donald Trump, au nom de cette fameuse « special relationship », la relation spéciale qui lie la Grande-Bretagne aux Etats-Unis depuis Winston Churchill. C'était les jours heureux, le président américain avait pris la main de Theresa May en longeant le Rose Garden sur le chemin de leur conférence de presse conjointe. C'était l'époque aussi où Donald Trump prédisait que « le Brexit serait une chose formidable » et que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis allaient conclure un énorme accord commercial bilatéral gagnant-gagnant, sans être importunés par ces rabats-joie de Bruxelles.

Mais une grosse dépression a traversé l'Atlantique nord et aujourd'hui, Donald Trump est carrément persona non grata à Londres.

  • Qu'est-ce qui explique ce refroidissement ?

D'abord, le principe de réalité. Si Donald Trump croyait qu'il pouvait signer très vite un accord de libre-échange avec la Grande-Bretagne, c'est parce qu'il ignorait que ce genre d'accord n'était pas possible tant que les négociations sur le Brexit ne seraient pas achevées, c'est-à-dire dans le meilleur des cas en 2019.

Ensuite, Trump a fait du trumpisme, et il a beaucoup énervé les Anglais. Il a aussi exaspéré Theresa May, qui a été obligée de le remettre à sa place lorsqu'il a re-tweeté des vidéos anti-musulmanes émanant d'un groupuscule d'extrême-droite britannique.

Du coup, lorsqu'il a été question d'une visite d’État de Donald Trump au Royaume-Uni, les Britanniques se sont rebellés et ils ont dit non. Ils ont signé des pétitions par millions, le maire de Londres a dit qu'il n'était pas le bienvenu, le président de la Chambre des communes a dit qu'il n'était pas question d'un discours de Trump au Parlement, la presse populaire s'est scandalisée qu'on puisse infliger un tel visiteur à la reine. Et finalement, Trump a préféré renoncer à venir, par peur d'être vraiment mal reçu.

C'est un coup dur pour Theresa May ?

Oui et non. Oui, parce qu'elle pensait s'appuyer sur les Etats-Unis en s'éloignant de l'Europe avec le Brexit, et qu'elle découvre que cet appui-là n'est pas solide. Non, parce que finalement, ce gros coup de froid avec l'ami américain lui donne un argument pour ne pas complètement larguer les amarres avec l'Europe. On dit souvent que la Grande-Bretagne n'arrive pas à trouver sa place, entre les Etats-Unis et l'Europe. Eh bien là, les bêtises de Donald Trump l'aident à trouver sa place, qui est en Europe. Et vous allez voir que demain, lorsque notre président à nous, Emmanuel Macron, ira à Londres pour rencontrer Theresa May dans le cadre du 35e sommet franco-britannique, il va trouver plein de raisons de maintenir des liens très étroits avec la Grande-Bretagne. 

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