Direction l'Afrique du Sud qui s'apprête à changer d'ère politique..

Au revoir Zuma ou « Hamba kalhe Zuma », (Hamba Gashle) pour le dire dans une des nombreuses langues sud-africaine, en l'occurence le Xhosa, la langue de Nelson Mandela. Depuis ce weekend et encore ce soir, l'ANC se choisit son prochain président.

Ou présidente d'ailleurs, puisque sur les deux candidats finalistes, l'un est un homme, Cyril Ramaphosa, multimilliardaire en rands, la monnaie locale, et vieux briscard de la lutte contre l'apartheid. On a même pensé un moment qu'il succéderait à Mandela.

L'autre candidat est donc une candidate, Nkosazana Dlamini-Zuma. Elle a 68 ans, elle est une politique rouée, plusieurs fois ministre et se trouve être aussi l'ex-épouse de Jacob Zuma de qui elle a eu 4 enfants.

Ils sont en ce moment même en train d'être départagés par 5 000 délégués dans une ambiance électrique qui vire parfois au pugilat. Et le résultat est... Cyril Ramaphosa, le favori des sondages et des pronostics : il deviendra donc président en 2019.

Les Sud-Africains votent au suffrage universel pour leur président.

Oui. Mais depuis la fin de l'Apartheid, l'ANC règne sans partage sur la vie politique du pays. Prenez les municipales de l'année dernière : certes, le parti de Mandela est en perte de vitesse et il a perdu les villes de Pretoria et Johannesburg.

Mais bon an mal an, ses candidats ont rassemblé 54% des voix au niveau national. Donc lorsque qu'un congrès du parti se choisit un président, il choisit aussi un président pour le pays tout entier. Les urnes immanquablement viennent confirmer l'affaire.

Du coup, l'important, c'est le profil du vainqueur : Cyril Ramaphosa est le candidat des grandes entreprises, de la classe moyenne, notamment blanche, du libéralisme, bref c'est la droite de l'ANC.

Il est aussi soupçonné de vouloir se débarrasser au plus vite de Jacob Zuma : dès l'année prochaine.

C'est une élection pour ou contre Jacob Zuma ? 

Exactement ! Un président qui a beaucoup à se reprocher : des scandales infinis de corruption, une économie en lambeau avec un taux de chômage qui frôle les 30 %, des infrastructures défaillantes et une fuite record des capitaux.

Pour être tout à fait juste, il est arrivé au pouvoir en 2008, pile au début de la crise économique. Or l'Afrique du Sud dépend de ses exportations de minerais et produits peu transformés, comme les produits agricoles : exactement ce qui a chuté avec la crise.

Eh puis, il y a quelques bons points tout de même : la lutte contre l'épidémie de Sida qui est une réussite avec un total de 150Mds$ dépensés en 10 ans pour prévenir et soigner la population. Il y aussi la démocratie sud-africaine, vibrante, excessive mais vivante !

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