C'est l'info du jour pour les Britanniques : le prince Harry se fiance avec Meghan Markle. C'est avant tout géopolitique.

Le Prince Harry et sa fiancée, l'actrice Meghan Markle
Le Prince Harry et sa fiancée, l'actrice Meghan Markle © AFP / DANIEL LEAL-OLIVAS

Je vais même tenter de vous le démontrer. D'abord et avant tout chose, il va falloir cesser d'appeler cette jeune femme de 36 ans Meghan, qui est son second prénom : elle s'appelle en fait Rachel. 

Et pas pour rien ! Elle est de confession juive et c'est donc la première des transgressions de ce futur mariage qui en compte beaucoup. Mais la principale étant bien sûr qu'elle est américaine. Ce qui était jusqu'à présent une sorte de tabou.  

La dernière fois qu'une Américaine est entrée dans la famille royale, c'était Wallis Simpson. La volonté du roi Edouard VIII de l'épouser a conduit à son abdication. En clair, si Elisabeth est aujourd'hui sur le trône, c'est à cause d'une Américaine deux fois divorcée.  

Meghan Markle aussi est divorcée 

Oui mais depuis les temps ont changé : 3 des 4 enfants de la reine sont divorcés et lorsque Charles, l'héritier du trône, et Camilla se sont mariés – civilement – les deux étaient eux-mêmes divorcés.  

Il est même désormais possible aux tourtereaux de se marier à Westminster Abbey ! En 2002, l'Eglise anglicane dont la Reine d'Angleterre est la chef, a autorisé les divorcés à se remarier religieusement. Autre temps, autres mœurs.  

Mais la vraie nouveauté est ailleurs : Rachel Meghan Markle est noire. Ou plutôt métisse : sa mère est afro-américaine et son père, blanc. Et pour le Royaume-Uni, ce mariage est un peu leur « moment Obama ».  

La famille royale ressemble enfin à la Grande-Bretagne d'aujourd'hui : un pays mixte religieusement, culturellement, ethniquement. Une Grande-Bretagne ouverte sur le monde. L'inverse de l'image renvoyée par le Brexit en somme.  

Que vient faire le Brexit dans cette affaire ? 

D'abord, le gouvernement britannique s'est toujours servi des mariages royaux pour sortir le pays de la dépression. Celui-là aura lieu au printemps 2018, pile au moment où la Grande-Bretagne entrera dans le cœur des négociations.  

Ensuite, Rachel Meghan Markle est la preuve vivante et souriante de l'esprit d'ouverture et de la continuité historique de la Grande-Bretagne. Souvenez-vous de la phrase de Churchill : « Entre l'Europe et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ».  

La future mariée est américaine de nationalité, canadienne de résidence – elle vit à Toronto – et aujourd'hui britannique par son futur mariage. On dirait une carte du Commonwealth ancienne et nouvelle manière à elle toute seule.  

Un mariage anti-Trump ? 

Quelle Amérique défend Donald Trump ? Une Amérique repliée sur elle-même, se méfiant de la Globalisation mais surtout une Amérique blanche et conservatrice.  

Ce mariage démontre exactement l'inverse et, lorsque la Grande-Bretagne aura quitté l'Union européenne, Londres aura bien besoin de défendre l'idée qu'elle est toujours une nation du grand large.  

Le mariage de Rachel Meghan Markle, divorcée, métisse, juive et étasunienne avec le prince Harry, 5ème dans la ligne de succession au plus ancien trône d'Europe, est une parfaite carte de visite. C'est joindre l'utile à l'agréable.  

Anthony anime, tous les mois, les « Rendez-vous de l'actualité » à l'Institut du monde arabe, à Paris. Ce sera ce mercredi 29 novembre à 19h. Quel en sera la thème et les invités ?

Les invités
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.