Les démocrates américains veulent faire de 2018 l’année de la reconquête du Congrès. Pour mobiliser les électeurs, ils comptent sur de nouvelles figures. Exemple : la sénatrice de Californie Kamala Harris, qualifiée d’« Obama féminin ». Portrait.

Kamala Harris, c’est l’étoile montante du parti démocrate. 53 ans, une battante. Toute l’année, elle est montée au créneau contre Donald Trump. Il faut dire que l’attaque, c’est son métier. Elle a été procureur à San Francisco. Puis à partir de 2011, procureure générale de l’État :la première Afro-américaine élue -et réélue- au poste d’attorney general de Californie. A son bilan : des poursuites contre les institutions financières pour leurs pratiques frauduleuses pendant la crise immobilière. Et une réforme pénale qui a introduit la formation professionnelle comme alternative à la prison pour les petits délinquants

 En  2016, quand elle est arrivée à Washington, elle n’était que la deuxième Noire dans l’histoire du Sénat américain. Elle le dit elle-même : en tant que « femme procureur », et « femme « de couleur » » -c’est son expression- elle s’est souvent entendu dire « non ». Mais, comme elle l’a dit  un jour, « non, c’est ce que je mange au petit déjeuner ».
 

  • Une candidate pour les Démocrates en 2020 ?

Le parti ne s’est pas vraiment remis de sa défaite de 2016. Il est à la recherche d’un nouveau souffle. Comme vous le savez, les Américains s’enthousiasment facilement pour les nouvelles têtes. Kamala Harris, c’est le « new new thing », comme dit la presse américaine. 
Sa chance si on peut dire, c’est que Hillary Clinton n’a pas été élue. Le soir de la défaite, qui était aussi le soir de sa victoire à elle, elle a lancé un appel à la « lutte » qui a rendu espoir à la base démoralisée.
 Depuis elle s’est illustrée par sa manière de passer sur le grill les ministres de Trump auditionnés au sénat. De vrais interrogatoires. En juin, le ministre de la justice a fini par avouer que cela le rendait « nerveux » d’être pressé de questions comme cela. Dans le camp Trump, on la qualifie « d’hystérique ». Elle laisse dire, et engrange. Au troisième trimestre, elle a recueilli plus de 400 000 dollars de donations de campagne.
En décembre, le magazine Foreign Policy l’a incluse dans sa liste des «penseurs mondiaux » de l’année: Parce qu’elle « donne de l’espoir au parti démocrate à l’heure de Trump », a-t-il justifié. A-t-elle des ambitions présidentielles ? Elle n’en dit évidemment rien mais il est probable qu’elle sera candidate à l’investiture du parti. Elle a déjà recruté des anciens collaborateurs de Hillary Clinton. Et elle essaie de rallier la gauche, notamment : les partisans de Bernie Sanders -qui aura 79 ans en 2020. Son programme : augmentation du salaire minimum, université gratuite, couverture santé universelle.

  • Pourquoi ce parallèle avec Obama ?

 Comme Obama, Kamala Harris est issue d’un métissage, dans son cas à elle : Asiatique, et Afro-américain. Ses parents étaient des étudiants étrangers, comme le père d’Obama. Ils se sont rencontrés à Berkeley. Son père, originaire de la Jamaïque, est devenu professeur d’économie à Stanford. Sa mère, fille d’un diplomate indien, est devenue une oncologue reconnue.
   Elle est aussi une amie de longue date d’Obama, qu’elle a soutenu alors qu’il n’était qu’un tout jeune candidat au sénat. Une fois élu président, il lui a rendu la pareille. Un jour de 2013, il s’est permis de faire remarquer que Kamala Harris était « et de loin, l’attorney générale la plus attirante du pays ». La remarque a été jugée sexiste et le président a dû s’excuser. C’était avant Trump, on se choquait d’un rien.    j

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