Les Etats-Unis se revendiquent comme le pays de la liberté d’expression. Le sacro-saint « free speech », qui est inscrit dans la Constitution. Mais depuis l'élection de Trump...

Les Etats-Unis, on le sait, se revendiquent comme le pays de la liberté d’expression. Le sacro-saint « free speech », qui est inscrit dans la Constitution. Mais depuis l’élection de Trump, le débat tourne à la cacophonie. Exemple, à l’Université de Berkeley, en Californie. 36.000 étudiants, 20000 professeurs. Le campus a vécu toute la semaine à l’heure du free speech. L’université avait mobilisé des centaines de policiers. Toute la semaine, ils ont été mis à contribution pour s’interposer entre les manifestants. D’un côté, les ultra-conservateurs, qui entendaient dénoncer les atteintes à leur liberté d’expression. De l’autre, les « anti-fa » qui essayaient de les empêcher de diffuser leurs thèses nationalistes et xénophobes. Cout pour Berkeley: 800.000 dollars et des dizaines de classes annulées. Ce qui n’a pas été du goût de tous les étudiants -qui paient il est vrai des frais de scolarité de 25.000 à 40.000 euros par an. Au printemps, des incidents du même genre avaient fait six blessés. Cette fois, les affrontements ont été évités. Milo Yannopoulos, l’un des orateurs, un éditorialiste connu pour ses provocations, a réussi à accéder au campus. Il n’y est resté que 20 minutes. Le temps de chanter l’hymne américain et de faire quelques selfies, il a été évacué sous escorte. Steve Bannon, l ‘ancien conseiller de Donald Trump, était annoncé mais il ne s’est pas montré. L’université avait résisté aux appels à interdire les manifestations. Sa présidente a rappelé que le premier amendement de la constitution défend jusqu’au droit de tenir des propos haineux ou xénophobes. A la différence de l’Europe, rien n’interdit aux Etats-Unis les propos antisémites ou négationnistes. Le Ku Klux Klan a pignon sur rue, et il peut brûler des croix s'il le fait sur une propriété privée. Même les entreprises ont droit au free speech : ce qui leur permet de financer des campagnes politiques...

L'équipe
  • Corine LesnesJournaliste, correspondante du journal Le Monde aux Etats-Unis
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