Au fond des mers coûte que coûte, toujours aucune trace du San Juan et de l’équipage du sous-marin argentin qui n’a plus donné signe de vie depuis deux semaines. Une avarie, une explosion, la vétusté du San Juan dénoncée par les familles des probables victimes.

Entre 30 et 50 ans, tous les équipements de l’armée argentine se situe dans cette fourchette d’âge, la construction du San Juan remonte à 1982. Même s’il a été entièrement révisé il y a 6 ans. 

On peut s’interroger sur le risque que prend l’Argentine lorsqu’elle envoie en mission 44 membres d’équipages à bord d’une embarcation datant du siècle dernier. Mais les argentins n’ont pas le choix, « la surveillance des fonds marins est aujourd’hui fondamentale dans la politique de défense du pays », c'est ce que soulignait ces jours-ci un historien argentin, en rappelant que l’antarctique et l’océan représentent 50% du territoire. Il est indispensable donc pour eux de maintenir une présence sous l’eau.  

Une zone stratégique et pas simplement pour l’Argentine 

Une zone de plus en plus stratégique. Le fond des océans n’a pas connu de trafic aussi dense depuis la fin de la guerre froide. D’une part, parce que la technologie permet aujourd’hui d’accéder à des ressources jusqu’ici inexploitées que le réchauffement climatique a rendu accessibles certains lieux inexplorés qui n’appartiennent à personne.
Les nations dotées d’une flotte sous-marine patrouillent donc pour asseoir leur souveraineté et à ce jeu-là plus on est équipé, plus on est influent.  

Ce sont les Etats Unis qui gagnent le concours 

Oui mais juste derrière il y a la Russie, visiblement très ambitieuse dans cet espace sous-marin. C’est ce que constate la dernière Revue stratégique de défense et de sécurité nationale où l’on nous parle d’une présence navale russe permanente, dans l'océan Atlantique, depuis 2013.

La Russie se déploie de nouveau et chercherait à affaiblir le lien transatlantique. Une relation Etats unis/Europe, matérialisée sous l’eau, par des câbles de télécommunication. Des milliers de kilomètres de câbles posés au fond des océans par lesquels circulent chaque seconde des centaines de milliers de données plus ou moins confidentielles. Il en existe une vingtaine entre les Etats Unis et l'Europe. Il suffit d’en piéger moins de la moitié pour semer la panique. Le black-out, plus d'internet, plus d'échange numérique, l'économie (des pays plongés dans le noir) se retrouverait au point mort… C’est donc, aussi et surtout, au fond des mers que se joue la guerre du BIG DATA, le contrôle de ces flux.
 

Et bien, ces câbles sont aujourd’hui les trésors les plus convoités par les grandes puissances, l’accès aux informations les plus secrètes à des données économiques, diplomatiques. Si vous contrôlez tout ça, vous avez la main sur le cyber espace… Il est donc essentiel de protéger, de surveiller ce gigantesque réseau, s'assurer surtout qu'il ne puisse pas être piégé ou endommagé… La flotte russe. Les oreilles d’or des sous-marins sont là pour ça, relayés en surface par des frégates, chargées de localiser, d’identifier le moindre bruit.
Il y a encore quelques semaines des sous-marins russes ont été repérés en train de rôder au large des côtes françaises. Une guerre d’intimidation, une guerre silencieuse, aucune arme, aucune torpille, une chasse aux données informatiques, que l’on espère compromettantes ou que l’on tentera de modifier pour déstabiliser l’ennemi… 

Les invités
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.