Croissance zéro en France au deuxième trimestre...

Après une hausse du PIB de 0,7% le trimestre précédent – l’Insee l’a annoncé vendredi. La France retombe-t-elle dans la stagnation ?

Non, il est trop tôt pour affirmer que la croissance est partie en vacances, même si nous sommes le 1er août. Si on veut se faire une idée de la santé économique de la France, il faut sans doute calculer la moyenne des chiffres de l’hiver et du printemps. On arrive alors à une croissance de 0,3 à 0,4% par trimestre, autour de 1,5% en rythme annuel. Autrement dit, ça va mieux. Mieux que pendant les trois calamiteuses années 2012 à 2014, où la production par tête a stagné. Mais ça reste décevant, pour employer le terme employé par le ministre des finances Michel Sapin. Ca va moins bien que pendant la décennie qui a précédé la crise de 2008.

Pourquoi cette langueur économique ? On a l’impression d’un moteur qui a du mal à démarrer…

C’est exactement ça. La machine avance par hoquets, l’essence n’arrive pas bien dans le moteur. Ne croyez pas ceux qui parlent d’une saturation de la population : les consommateurs ont bien sûr envie de consommer. Ils dépensent plus d’argent dès qu’ils en ont. Mais ils veulent aussi épargner, ne serait-ce que parce que le chômage reste omniprésent. Le problème de carburation est encore plus frappant du côté de l’investissement, là où se joue la croissance de cette année. Les entreprises ont à peu près reconstitué leurs marges grâce à la baisse des prix du pétrole, et aussi aux mesures du gouvernement. Elles ont donc les moyens d’investir. Mais leurs dirigeants sont dans une incertitude profonde. Il y a bien sûr les attentats, le Brexit, les doutes sur la Chine ou les Etats-Unis. Il y a aussi des doutes réglementaires et fiscaux, comme on l’a vu avec le suramortissement des investissements reconduit à la dernière minute en avril dernier. Pas facile dans ces conditions de décider 100.000 euros de dépenses d’équipement pour une PME ou 1 milliard pour une grande entreprise.

Quelles sont les conséquences de cette croissance au ralenti pour le gouvernement ?

D’abord, le chômage ne baisse pas, ou pas assez. Or c’est la condition posée par François Hollande pour se présenter à l’élection de 2017. Ensuite, il ne sera sans doute pas possible pour le même Hollande décider une nouvelle baisse d’impôts l’an prochain, car la croissance n’est pas assez forte pour engendrer des rentrées fiscales permettant de financer ces allégements. Enfin, François Hollande n’a cessé de proclamer que la reprise est là depuis son arrivée à l’Elysée. Il n’a cessé d’avoir tort sur ce point. Il y a là un problème majeur de crédibilité.

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