Le sujet éco du jour c’est le début du marathon budgétaire pour 2018 et le couperet qui se précise pour les ministères…

En effet, ne vous fiez pas à l’ambiance émolliente du début août ! Dans les coulisses de l’exécutif, cette semaine est celle où la machine infernale du projet de loi de finances 2018 démarre. Matignon va envoyer ce que dans le jargon on appelle les « lettres plafond » fixant les crédits et les effectifs des ministères. Ceux-ci sauront donc chiffres à l’appui à quelle sauce ils vont être mangés. Une soupe à la grimace dans l’ensemble : cet automne marquera bien l’ouverture de la chasse au déficit pour le budget de l’Etat. Avec un effort d’économies sans précédent de 10 milliards d’euros demandé aux ministres pour l’année prochaine.

Comment s’explique la rudesse de ce serrage de vis ?

C’est l’effet du double engagement de l’exécutif de ramener le déficit sous le seuil des 3 % tout en baissant les impôts. Intenable sans rentrer dans le dur ! Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des comptes publics a multiplié en juillet les réunions budgétaires avec ses divers collègues. Et tous ont déjà reçu le message global. Il marque un contraste d’autant plus rude pour les administrations concernées que l’été dernier à la même époque, presque tous les ministères avaient enregistré une hausse de leurs crédits. On sait ce que ce relâchement de la discipline budgétaire a eu pour effet. Donc cette année, l’air du temps en termes d’économies va être comme une référence à La Fontaine et cette fameuse phrase des « Animaux malades de la Peste » : « ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » !

Vraiment tous ? A-t-on déjà des détails sur ces économies ?

Non, il est encore un peu tôt. La seule certitude, après les polémiques autour du budget de la Défense est que les Armées sont les seules dont les crédits vont augmenter. Pour d’autres missions prioritaires comme la sécurité, la justice ou l’Education, certains espèrent encore une stabilité des budgets.

Sinon, seules quelques économies ponctuelles ont été annoncées, comme le gel du point d’indice pour les fonctionnaires, le rétablissement du jour de carence, le ralentissement des contrats aidés ou encore la réforme des APL.

Et au-delà les principaux indices ont été donnés par Gérald Darmanin lors du débat d’orientation budgétaire. Il y évoquait, reprenant peu ou prou à son compte des recommandations du « think tank » France Stratégie, « trois politiques publiques pour lesquelles nous dépensons plus de nos voisins sans pour autant améliorer les services publics : le logement, la formation professionnelle et les dépenses d’intervention sociale au sens large. »

Sur ces fronts, et d’autres, la bataille des arbitrages s’annonce rude d’ici le bouclage du projet de loi de finances qui doit être déposé le 20 octobre. A n’en pas douter, nous en reparlerons !

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