Nouveau système pour la prime de conversion automobile à partir d’aujourd’hui. Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé ce changement ? 

Prime à la conversion : le gouvernement serre la vis
Prime à la conversion : le gouvernement serre la vis © Getty

Il y avait le feu au lac ! Ca coûtait beaucoup trop cher au budget. Pour comprendre comment on est arrivé là, il faut revenir un peu en arrière. 

Nous sommes en 2016. Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, crée une prime pour inciter les Français à expédier leur vieux diesel à la casse en le remplaçant par une voiture neuves et plus propre. C’est un échec : à peine 8.000 acheteurs en profitent en 2017. Début 2018, la prime est aussi proposée aux acheteurs d’une occasion récente. Ca marche beaucoup mieux : plus de 200.000 acheteurs l’an dernier. 

Et puis vint la crise des Gilets jaunes. Le gouvernement double la prime, en la recentrant sur les foyers peu aisés. Mais là, ça marche trop bien. Sur la première moitié de l’année, les pouvoirs publics ont reçu pratiquement autant de dossiers que sur toute l’année dernière : stop !

Cette prime est-elle efficace ? 

Vous l’aurez compris, c’est très difficile de la mettre au bon niveau. Ca peut aussi coûter cher au gouvernement - mais si ça fait vraiment baisser la pollution, pourquoi pas.  

Ensuite, la prime provoque des à-coups dans toute l’industrie automobile. Le plus souvent, elle incite les consommateurs à acheter une nouvelle voiture plus tôt. Ca pousse donc les ventes et la production. Sauf qu’après, comme les gens ont des voitures neuves, c’est exactement l’inverse : le marché diminue et les constructeurs souffrent. 

Enfin, c’est très difficile de donner la prime aux bonnes voitures. 

Pour quelles voitures faudrait-il donner la prime ?

C’est ça le problème : on ne sait pas.  Le gouvernement a longtemps encouragé les Français à acheter du diesel, y compris pour la pollution, car le diesel consomme moins de carburant et émet donc moins de CO2. En 2015, patatras : scandale Volkswagen. Le diesel devient diabolique. Tant pis pour ceux qui ont été encouragés à en acheter et qui ne peuvent plus le revendre d’occasion. 

Aujourd’hui, c’est l’électrique à batterie qui a le vent en poupe. Mais personne, pas même le gouvernement qui l’encourage, ne peut garantir que c’est vraiment la voie de l’avenir. Si la prime accélère la diffusion de ces voitures, elle risque en plus de renforcer la pénurie de bornes de recharge dans les villes, là où l’électrique est le plus utile. 

Nos ancêtres répétaient qu’il valait mieux ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Dans ces histoires de prime, on l’a complètement oublié. 

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