Une séquence de dix jours pour sauver l’euro s’est ouverte hier, avec une décision spectaculaire des banques centrales.

Cette fois, nous y sommes. La crise s’est tellement aggravée - on l’a dit et répété -, l’incapacité des Etats à trouver une solution qui tienne 15 jours nous plonge tellement dans la récession, 2011 commence tellement à ressembler à 2008 ; bref çà va si mal que les acteurs de cette pièce de théâtre interminable bougent enfin. On ne sait pas si le tombé de rideau verra le héros – ou plutôt l’euro ! – debout ou couché. Mais on connaît les actes qui vont se jouer. Hier, la Réserve fédérale américaine a ouvert ses guichets ; un accord se cherche entre Paris et Berlin avant le sommet européen du 9 décembre. Et Nicolas Sarkozy va saisir, ce soir à Toulon, les Français de ses choix.

1er acte donc, l’intervention des banques centrales.

La FED, avec les banques centrales européenne, britannique, japonaise, canadienne et suisse, toutes ont annoncé une action pour rouvrir l’accès des banques européennes au dollar. Banques qui ont un mal fou à trouver du billet vert tant l’Europe inquiète. En clair, le marché interbancaire était asséché, la FED décoince les robinets. Les marchés ont été rassurés. Mais, au-delà, qu’en penser ? Que certes, cette action préparée en secret depuis un mois allège la pression. Mais elle ne fait que cela. Car c’est surtout un message politique qu’ont envoyé les banques centrales aux gouvernements : nous avons montré notre unité, à vous d’en faire autant et de « faire enfin le job ».

C’est le 2ème acte : les négociations franco-allemandes.

Négociations, hier, aujourd’hui, demain, mais pour l’instant non concluantes. Les Allemands, on le sait, veulent de la discipline budgétaire, un super-Maastricht ; les Français un dispositif de solidarité monétaire pour Athènes, Rome et les autres, un super parapluie. Discipline, solidarité : les mots sont simples mais le mélange de l’ADN français et de l’ADN allemand ne l’est pas. Angela Merkel fait confiance à la loi (avec sanctions automatiques gérées par Bruxelles et la Cour de Luxembourg), Nicolas Sarkozy défend les « deals » politiques. A cette heure, le point d’arrivée est encore inconnu. Mais c’est la France qui va, hélas, céder du terrain.

Et à Toulon, 3ème acte ce soir, Nicolas expliquera ses choix.

On l’espère ! Pourquoi ? La grande différence entre Paris et Berlin est que l’on connaît les positions allemandes, exprimées tous les jours. Côté français, on ne fait que les apprendre par des conversations de couloir. Nicolas Sarkozy doit donc lever le voile. C’est la démocratie ; ensuite, l’enjeu est le partage entre ce qui relève de la souveraineté nationale et de la souveraineté européenne ; enfin, s’expliquer révèlera que les choses ne sont pas aussi faciles que ne le disent les docteurs « yaka – faut qu’on » qui, partout, des gauches à toutes les droites, répètent que s’ils étaient au pouvoir, il suffirait d’aller à Berlin et de taper du poing sur la table, « screu gneu gneu », pour que tout s’arrange. Quand ce n’est pas risible, c’est ridicule et prétentieux.

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