L'innovation peut-elle sauver le climat ?

On l'a beaucoup entendu hier au Bourget, on a vu l'initiative de Bill Gates dans les énergies propres : l'innovation, solution contre le réchauffement. Mais est-ce vrai ? Oui, je crois, l'innovation est une des clés, l'innovation technologique, mais aussi l'innovation comportementale, le changement de nos habitudes. De façon caricaturale, le covoiturage ou baisser de un degré le chauffage, c'est comportemental. Cela étant, c'est quand même de la technologie que viendront les plus grandes avancées pour économiser l'énergie carbonée ou développer d'autres énergies. D'abord, parce que c'est ce qui se passe depuis vingt-cinq ans. Les industries, les cimenteries, la chimie, les véhicules, polluent moins. Trop, mais moins. Comment le mesure-t-on ? Depuis 1990, les émissions mondiales de CO2 ont grimpé de 50 % alors que la population a augmenté de 40 % (on l'oublie) ET qu'une cinquantaine de pays se sont développés à vitesse grand V : cela veut dire que l'efficacité énergétique a fait des bonds en avant. Cela va continuer, et pour cela il faut un gros effort de recherche. De la même manière que Kennedy a décidé en 1962 que l'homme irait sur la lune en moins de 10 ans et a mis les moyens. Mais c'est possible. Qui aurait pensé que la France inaugurerait aujourd'hui la plus grande centrale solaire d'Europe, près de Bordeaux ?

Mais il y a trois questions !

Un : la question du temps de la recherche. Le solaire, on en parle depuis quarante ans, c'est maintenant qu'il devient compétitif. Or, les entreprises ne travaillent pas à 40 ans. C'est le point de l'articulation recherche privée/publique. Deux : on ne sait pas quelles innovations vont aboutir, éolien, solaire, hydrogène, captage de carbone etc. On se trompe. Plutôt que de subventionner des innovations sympathiques mais aléatoires, il vaudrait mieux renchérir le coût du carbone qui nous gêne : c'est le débat sur le prix du carbone avec, par exemple, des déplacements de fiscalité. Trois : Renchérir le prix du carbone, cela renchérit le prix du transport de marchandises, et c'est tout le débat sur le ralentissement ou non de la mondialisation. Avec à la clé, des pertes de pouvoir d'achat. Y sommes-nous prêts ? Et, voilà comment on revient du côté du comportement.

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