Le dernier classement de l'OCDE place toujours la France en tête pour les dépenses sociales. Le procès sur le démantèlement social n'a pas de fondement. Reste la question de l'efficacité de nos dispositifs.

La France toujours championne du monde… des dépenses sociales
La France toujours championne du monde… des dépenses sociales © Getty / Caspar Benson

La France est, d’après un tout nouveau classement de l’OCDE, le pays qui consacre la plus grande proportion de son produit intérieur brut aux dépenses publiques sociales : retraites, santé, politique familiale, allocations-chômage et aides sociales directes.

Au total, plus de 30% du PIB. C’est le seul des pays développés au-dessus de cette barre des 30%. C’est davantage qu’au Danemark et en Finlande, souvent considérés comme des modèles sociaux. C’est plus qu’en Allemagne et au Royaume-Uni, bien plus qu’aux Etats-Unis. 

A lui seul, ce constat dément l'essentiel de la la rengaine sur le libéralisme, l’ultra-libéralisme, le néo-libéralisme dans lequel la France baignerait depuis des années. Sur presque chaque type de dépense sociale, elle domine de la tête les autres pays, notamment sur les allocations-chômage (le taux de chômage est ici plus élevé qu’ailleurs. 

Bref, les chiffres ne confirment pas un démantèlement social. La France est également le pays qui affiche le déficit public le plus élevé de toute l’Europe après la Roumanie. 

Toutes ces données portent sur 2019, et avec la crise du Covid, elles seront nettement plus élevées cette année et les suivantes : la France a mis en place les airbags sociaux les plus épais. Alors, il est certain que des excès de la mondialisation libérale ont créé des dégâts sociaux sur les revenus des classes moyennes et ont creusé des inégalités, mais la France est réellement un cas à part. 

Mais alors pourquoi ce pessimisme français ? La première réponse qui vient à l’esprit est que les dépenses publiques ne sont pas au bon endroit et qu’elles sont mal ciblées sur les personnes qui en ont vraiment besoin. Concrètement, la France dépense beaucoup pour les retraites et pour que la santé soit gratuite, mais c’est au détriment des budgets des hôpitaux, et des services publics comme les salaires des enseignants ou les moyens de la police. 

La seconde explication est que notre croissance a été trop faible depuis longtemps et que notre richesse par habitant, et donc nos moyens sociaux, se sont affaiblis. L’Allemagne peut mettre sur la table 20% d’argent en plus pour la santé des Allemands parce que son niveau de vie global est plus élevé – mais çà c’est un autre débat, sur la croissance.

Aller plus loin

Le nouveau classement de l’OCDE

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.