La réforme des retraites se précise un peu plus vite que prévu.Le gouvernement a donné des éléments nouveaux ce week-end. En fait, le Premier ministre, c’était dans « Le Figaro » de samedi, puis hier Xavier Darcos, chargé du dossier, avancent sur trois points précis. Le premier, c’est une nouvelle évaluation du besoin de financement des retraites. Les derniers calculs montrent que ce serait 100 milliards d’euros par an en 2050, 30 de plus que prévu, tout simplement parce que l’âge moyen de départ en retraite réel n’a pas assez augmenté ces dernières années. Le deuxième point, c’est l’idée que le calcul des pensions des fonctionnaires à partir de leurs six derniers mois de salaire va être sur la table. C’est la première fois que le chef du gouvernement le dit, vous savez que dans le privé, la pension est calculée sur la moyenne des 25 meilleures dernières années, évidemment moins favorable. Pour faire passer la pilule, il évoque l’intégration des primes dans le calcul des pensions. Et puis, troisième information, une hausse des cotisations retraite n’est pas écartée mais uniquement en échange d’une baisse des cotisations chômage. ça fait beaucoup d’annonces à six semaines des régionales …J’imagine que François Fillon en mesure les risques, et de toute façon je ne le vois pas faire, comme Martine Aubry sur les 60 ans, machine arrière sur ses déclarations. Sur les retraites comme sur les déficits publics, le premier ministre cultive son image d’austère à qui l’austérité ne fait pas peur … et il grimpe dans les sondages. Ce qui est sûr, c’est que la réforme ne sera pas un chemin de roses. Six Français sur dix souhaitent le maintien de l’âge légal de 60 ans, ce qui est exclu, autre confirmation hier. Et les syndicats de fonctionnaires se battront contre un rapprochement de leur régime avec celui du privé. Le pari est que ces salariés du privé, comme en 2003, ne seront pas très solidaires avec eux. Je note que Xavier Darcos est plus prudent sur le sujet. Et que l’Elysée, peut-être, trouve que le Premier ministre en fait un peu « trop ». Mais pourquoi aller si vite ?Ce qui frappe plutôt quand on regarde les choses, c’est la vitesse de la dégradation de la situation financière des retraites et la lenteur, en face, des réformes. A l’heure actuelle, une retraite du privé sur dix n’est pas financée, ou plutôt est financée à crédit. Et dans le même temps, il faut savoir que la réforme Balladur de 1993, qui a fait passer le calcul des pensions du privé sur les 25 meilleures années, n’a produit tous ses effets qu’en 2008 ! … Et que le passage à 41 ans de cotisations, décidé en 2003, n’aura pas de vrai effet financier avant … 2020. La réforme des retraites, c’est un paquebot très lent qui peut se transformer en Titanic. Et c’est peut-être parce qu’il y a sans cesse une incertitude sur l’avenir que les Français épargnent tant. … et pendant ce temps, d’autres pays bougent aussi …Le gouvernement espagnol a décidé vendredi le relèvement de 65 à 67 ans de l’âge de la retraite parce que, c’est le détail qui nous tue, le régime n’est pas déjà en déficit mais risque de l’être dans ... dix ans !

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