Renault a inauguré ce matin sa première usine, en Chine. Est-ce un pari risqué pour Carlos Ghosn ?

Non, a priori non. La Chine est en ralentissement, c'est vrai, mais elle est restée l'année dernière le premier marché automobile au monde, avec plus de vingt millions de voitures vendues. L'usine Renault installée à Wuhan, dans le centre-est -une région plutôt dure à vivre mais qui se voudrait le Detroit chinois- pourra sortir 150.000 véhicules par an au début, et cela pourra doubler ou tripler en cas de succès. Jusqu'à maintenant, Renault avait laissé la main à son allié japonais Nissan qui est évidemment un acteur très important en Chine. Pour mettre les chances de son côté, Renault se concentre sur les SUV-les crossovers, notamment son Kadjar, qui est la réplique du Qashqai de Nissan. Il faut savoir que les SUV représentent un tiers du marché chinois. Il faut savoir aussi que Renault est le dernier des grands constructeurs à s'installer en Chine. Le groupe PSA, lui, a vendu 730.000 voitures dans le pays, c'est même devenu son premier marché, plus important que la France ! Le plus amusant et paradoxal est que les deux constructeurs tricolores ont le même partenaire chinois, Dongfeng.

Renault a mis d'autres chances de son côté.

Oui, la marque a fait appel (depuis des années) à une actrice chinoise connue sur place pour être son ambassadrice, Fan Bingbing, qu'on a vu dans X-men l'année dernière et à Cannes. Cela étant, Renault va devoir jouer des coudes pour trouver sa place dans un marché dont les leaders sont Volkswagen, Hyundai et Toyota.

Tous les grands groupes français sont très présents en Chine.

A tel point que le PDG de Schneider Electric vit à Hong Kong. En fait, tous les grands patrons vont plusieurs fois par an, parfois jusqu'à une fois par mois, en Chine : PSA, on l'a dit, Saint-Gobain, les groupes de luxe, L'Oréal, LVMH, Axa, Véolia, le nucléaire etc. Le plus grand succès reste néanmoins Airbus, qui a une usine d'assemblage d'A320 sur place, à Tianjin, ce qui lui a permis d'obtenir la moitié du marché chinois l'an dernier. Boeing n'a pas eu d'autre choix, en septembre, que d'annoncer à son tour l'ouverture d'une usine sur place. Souhaitons bonne chance à Renault.

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