L’année 2010 débute aujourd’hui avec le sentiment que le pire est derrière nous en matière économique. Que peut-on espérer de cette nouvelle année ?2009 est enfin terminée Eric et il n’y aura pas grand monde pour s’en plaindre. En tous cas, d’un point de vue économique. Même si le pire a pu être évité, l’année qui vient de s’écouler restera comme celle du grand bond en arrière, de la récession la plus brutale de l’après-guerre. En cette période de voeux, on se prend donc à espérer que le changement de millésime marque un changement de tendance, une rupture. Après 2008 l’année du coup d’arrêt, 2009 l’année de la crise, on rêve à 2010 année du redressement de l’économie mondiale. Y a-t-il des raisons de croire au retour d’une croissance durable ?De nombreux signes témoignent en tout cas d’une amélioration de la situation. On peut en souligner au moins trois. D’abord, le secteur financier, dont la déconfiture a provoqué la tempête, semble retrouver ses esprits, même si la situation est encore très contrastée d’un pays à l’autre. Dans ces conditions, la distribution de crédit qui connaît bien des ratés depuis la fin 2008, pourrait retrouver un certain allant. L’amorce de reprise qui s’est manifestée depuis la fin de l’été dans les grands pays occidentaux milite aussi en ce sens. Elle marque en tous cas l’arrêt de la dégradation et laisse à penser que la croissance, même modeste, est de retour. D’autant que ce mouvement s’accompagne dans les pays émergents d’une expansion plus robuste. La Chine a clairement renoué avec le cycle de développement interrompu quelques mois seulement au tournant de 2008-2009. Du coup, elle entraîne dans son sillage les pays producteurs de matières premières, en poussant de nouveau à la hausse le prix des ressources naturelles. Pourtant, la partie semble encore loin d’être gagnée ?Oui, car une grosse inconnue subsiste. Il faut bien le dire le rebond en cours n’a pas grand chose de naturel. Il est la conséquence directe de l’intervention des Etats et des banques centrales. Au plus fort de la crise, les premiers ont mis en œuvre des moyens colossaux, 5.000 milliards de dollars à l’échelle mondiale pour sauver les banques et soutenir l’activité à travers des plans de relance, tandis que les secondes ont procédé à des injections de liquidités massives pour restaurer une certaine fluidité sur les marchés. C’est à ce prix que l’économie mondiale a évité la grande dépression qui la guettait. Mais il ne faut pas s’y tromper, l’ensemble du système vit aujourd’hui sous assistance respiratoire. Et l’on ne sait toujours pas si le patient peut respirer seul. Or le moment approche où il faudra débrancher la machine. Car ces interventions sont extrêmement coûteuses pour la collectivité. Et les Etats, déjà surendettés n’ont pas les moyens de les maintenir pendant encore très longtemps. Pour les financer, ils ont dû en effet emprunter à tout-va. Mais cela ne peut durer qu’un temps. Les marchés ont d’ailleurs déjà commencé à présenter l’addition. Les déboires récents de la Grèce, dont la note de crédit a été dégradée début décembre, en témoignent. Il est donc urgent que les Etats retrouvent si ce n’est le chemin du désendettement, en tous cas celui de l’orthodoxie budgétaire. En clair, c’est en 2010 que devra commencer le démontage des échafaudages mis en place pour éviter que l’économie mondiale ne s’écroule. Cette opération nécessitera beaucoup de doigté et de la coordination. Mais le pire n’est jamais sûr. Alors formons le vœu que l’année qui s’ouvre aujourd’hui marque le dénouement de la séquence ouverte en 2007. Que la nouvelle décennie qui s’amorce soit plus bénéfique que celle qui s’est achevée hier. Débutée dans l’euphorie de la bulle Internet, ces dix ans que le Prix Nobel d’économie Paul Krugmann a baptisé la « décennie zéro », puisque selon lui « rien de bon n’y est arrivé » se sont terminés dans la déprime de la crise financière. Espérons que les années 2010, qui débutent dans un climat empreint de morosité, se déroulent sous de meilleurs auspices.

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