A vos yeux, LA grande question de 2020 est : la technologie est-elle notre amie ou notre ennemie ?

Oui, le 1er janvier, on peut essayer de broder sur la solidité de la croissance mondiale (çà n’est pas si mal finalement) ; les sujets géopolitiques (la réélection de Donald Trump) ; les risques de crise financière (la prochaine n’a jamais été aussi proche mais c’est un truisme) ; et les enjeux purement français (le climat social et l’emploi). Mais je crois qu’effectivement, il y a une question plus large sur la technologie ou plutôt le grand doute sur les bienfaits des technologies – et donc plus largement du progrès. Depuis 2016 et l’élection américaine, et en fait un peu partout, on sait qu’en politique les médias sociaux jouent un rôle discutable sur la démocratie, ils divisent plus que rassemblent et propagent le n’importe quoi. Des innovations comme la reconnaissance faciale inquiètent quant à nos libertés et la quantité de données sur nous qu’amassent les géants du numérique tout autant. Cà c’est la politique et la société. Maintenant, en économie aussi, il y a des interrogations. Le commerce en ligne et les livraisons à domicile nous libèrent, comme le covoiturage, mais il y a une face sombre, la réapparition d’une sorte de prolétariat mal protégé. L’avenir du commerce et dur (en magasin) est lui aussi incertain. Tout cela, on le devine depuis plusieurs années, mais 2019 a frappé les esprits, il y a eu une sorte de palier. La politique, l’économie, et voilà l’avenir. L’avenir du climat. Les technologies vont-elles nous aider à lutter contre le réchauffement climatique, ou ne sont-elles qu’un alibi pour ne rien changer de plus fondamental dans nos modes de vie ? Pour parler très concrètement, dans cinq ans, on roule électrique ou on roule moins ?

Et la réponse ?

Elle nous invite à la modestie et au sourire. Le New York Times, cité par The Economist de cette semaine, écrit (je cite) : une vague de pessimisme a remplacé l’idée d’un progrès inévitable venant des révolutions industrielles et scientifiques. Sauf que cet article date de … 1979. Et rappelons que dans les années 1920, l’arrivée de l’automobile a suscité des débats enfiévrés. En réalité, il y deux points. Un : les technologies sont une part essentielle des solutions aux problèmes qui se posent à chaque temps, et elles apportent avant tout du mieux. Elles restent donc des amies. La question est de savoir vers où les pouvoirs publics orientent les innovations. Mais deux : sur la question climatique, il y a clairement une course de vitesse entre des technologies qui n’arrivent pas assez vite et un mur qui se rapproche. Elles ne suffiront donc pas. Au total, c’est comme le Ciel d’Aragon, il y a ceux qui croient au progrès et ceux qui n’y croient pas, mais aux deux la décennie 2020 apportera la réponse.

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