Un scoop ce matin: le compte-rendu, précisons-le, infidèle, des débats du conseil européen de jeudi et vendredi derniers.J’ai imaginé (bien imaginé) que les services américains, grâce au programme PRISM et à leurs micros, ont enregistré les échanges entre les Vingt-Sept Européens à Bruxelles. Voilà ce que cela donnerait et ce que, donc, la Maison-Blanche est en train d’éplucher.C’est Herman Van Rompuy qui ouvre la séance comme président du conseil. « Bonjour, voilà, notre priorité c’est aujourd’hui le chômage des jeunes. Nous proposons de mettre sur la table 6 milliards d’euros pour des contrats et des formations ».Angela Merkel prend la parole. « Ecoutez, d’habitude, vous le savez, je n’aime pas que l’on dépense toujours plus d’argent – je laisse cela à d’autres plus à l’Ouest que moi (on entend des rires). Mais j’ai des élections en septembre et cela va embêter mon opposition sociale-démocrate. Donc wunderbar, on y va ».François Hollande approuve. « Moi, mon chômage augmente et l’Europe, ce n’est pas que l’austérité. Donc, oui, six milliards, c’est bon à prendre. Nous savons tous que cet argent était de toute façon prévu et que pour moi, il n’y aura que 600 millions, soit 0,15% du Budget français, mais les journalistes n’y verront que du feu ».Alors, José Manuel Baroso, président de la commission, saisit le micro. « Paris et Berlin d’accord, bonne nouvelle ! »Angela Merkel et François Hollande, le coupent  : « Merci José, ne fais pas le malin ! »Intervention de David Cameron  : « Puisqu’on parle de budget, j’aimerais évoquer le rabais britannique de 3,6 milliards »Soupirs et énervement général, mais on entend distinctement que le premier ministre britannique va obtenir tout ce qu’il veut.Angela Merkel reprend la parole avec un sourire. « François, j’aimerais, si tu veux bien, que tu nous expliques ce que votre Cour des comptes présidé par un ancien socialiste dit sur votre déficit public cette année, je n’ai pas bien compris ».François Hollande (on le devine embarrassé). « Elle dit que le déficit atteindra environ 4% du PIB et recommande de relever de deux heures par semaine le temps de travail des fonctionnaires ; mais il n’en est pas question ».Herman Van Rompuy vole à son secours. « Mme la chancelière, la France, comme la Pologne, l’Espagne et la Slovénie, a obtenu un délai de deux ans, il n’y a pas à en reparler ».Passons sur les discussions sur l’Union bancaire, la Banque européenne d’investissement. Ecoutons juste la fin de la séance.Herman Van Rompuy. « Voilà, chers collègues, j’aimerais que nous accueillons Dalia Grybauskaitė et Zoran Milasovic ... »Chuchotements autour de la table « qui c’est ? »« ... les dirigeants de la Lituanie, qui présidera ce lundi l’Union, et de la Croatie, 28ème pays qui nous rejoint ». Applaudissements.Les micros américains captent alors la remarque d’un jeune fonctionnaire européen. « C’est dingue, le prix des communications Internet et de portable à l’intérieur de l’Europe, baissent de 17 à 36% à partir du 1er juillet grâce à l’Europe, c’est du concret pour 500 millions de personnes, ça pourrait la rendre aimable, et ils n’en parlent même pas ! »

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.