Les milliardaires concurrencent de plus en plus les Etats : Elon Musk dans le spatial, Mark Zuckerbeg avec s future monnaie ... Le plus nouveau n'est pas ce que l'on croit.

On pose bien sûr cette question parce que c’est une société privée, Space X, appartenant à un milliardaire californien, Elon Musk, qui a réussi hier l’amarrage d’une capsule spatiale à la Station spatiale Internationale. Après une longue interruption, c’est le secteur privé et pas une agence publique qui a envoyé deux Américains dans l’espace. Autre milliardaire, Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, travaille à la création d’une monnaie, la libra, une monnaie virtuelle, utilisable par téléphone et ordinateur, et qui ne passera pas par les réseaux bancaires. L’objectif de la libra est de baisser les coûts des virements, notamment internationaux. Or, la monnaie, c’est le cœur du cœur de la souveraineté des Etats. Enfin, on sait que Jeff Bezos (Amazon) s’investit lui aussi dans le spatial et que Bill Gates œuvre dans le domaine de la santé partout dans le monde avec sa Fondation : la santé, un sujet aussi très « régalien ». Bref, les milliardaires ont-ils pris le pouvoir que les Etats ont abandonné ? En fait, c’est un raccourci tenant, mais c’est un raccourci. La Nasa finance à hauteur d’environ 10 milliards les projets d’Elon Musk, qui a un contrat pour six vols habités d’ici 2024. C’est un mode de coopération nouveau, ce n’est pas une substitution. Si le projet de monnaie internationale de Mark Zuckerberg est le plus novateur des projets que l’on évoque ce matin, il a dû revoir le libra à la baisse :  les Etats et les banques centrales froncent les sourcils. Enfin, le secteur privé a toujours été très présent dans la santé et c’est même lui qui domine le marché des vaccins. 

Donc, rien de neuf ?

Si, deux choses. Un : les milliardaires ont un argent disponible complément fou, celui que les investisseurs sont prêts à leur apporter. Les Etats, eux, écartelés entre 100 missions, sont à sec. Et deux : les milliardaires travaillent sans frontière, les Tesla d’Elon Musk, les systèmes d’exploitation Microsoft de Bill Gates, Facebook, sont utilisés partout. Ils sautent les frontières et ils ont les consommateurs avec eux. Au total, les succès des milliardaires sont aussi le signe de l’échec du multilatéralisme et de la coopération entre les Etats.

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