La traditionnelle fête du Travail verra ce mardi la non moins traditionnelle désunion syndicale.

Oui, cela été beaucoup dit et c’est exact : dans les rues de Paris, il y aura la CGT et un peu de Force ouvrière, mais pas la direction de FO, ni celle de la CFDT qui, elle, a choisi de regarder le film « 7 minutes » avec l’Unsa et la CFTC, c’est-à-dire ce que l’on appelle le camp réformiste. Donc oui, vous avez raison, en apparence les syndicats sont en ordre dispersé. En réalité, disons-le c’est une fausse impression, car il y a des regroupements nouveaux qui se font sur le plan idéologique et probablement demain dans l’action syndicale. 

Le remplacement de Jean-Claude Mailly -ou plutôt du Jean-Claude Mailly dans sa dernière année-, (son remplacement) par Pascal Pavageau à la tête de Force Ouvrière change la donne et les équilibres syndicaux. Pavageau demande un moratoire sur la réforme de la SNCF. Il soutient le mouvement social à Air France. Il est extrêmement sévère sur l’appui de Mailly aux ordonnances travail, à tel point que ledit Mailly a dénoncé par un tweet la (je cite) duplicité et l’hypocrisie de son successeur : ambiance. Bref, le nouveau patron de FO a un discours dur vis-à-vis du gouvernement et se rapproche de facto de la CGT, ce qui réduit par simple jeu de vases communicants le camp réformiste. Par rapport au début du quinquennat, c’est un changement significatif.

Est-ce que cela peut ennuyer le gouvernement ?

Curieusement, on n’a pas du tout le sentiment que cela ennuie le moins du monde l’Elysée et Matignon. Depuis le début, ils ne cherchent pas d’allié chez les syndicats, considérant au fond qu’ils ne sont pas en meilleure forme que les partis politiques (et j’allais dire les médias), qu’ils ne représentent pas davantage le pays réel, qu’ils appartiennent au vieux monde. S’agissant des réformistes, à la SNCF, la CFDT est trop faible pour compter vraiment (15%) et FO n’existe pas officiellement. C’est vrai, les corps intermédiaires sont en général faibles et sont -au sens propre- pour la plupart très conservateurs. Mais c’est sans doute une erreur de ne pas entendre ceux qui sont prêts à discuter chez les syndicats parce qu’à la différence des partis politiques dont la voix se fait entendre principalement à l’occasion des élections, les syndicats sont en prise directe avec la vie concrète de ceux qui travaillent dans l’économique.

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