En tout cas, il fait des efforts.

Ça ne sera jamais le grand amour, mais il peut quand même réchauffer l’atmosphère. Pas aujourd’hui, bien sûr, les slogans anti-Macron ne manqueront pas lors des défilés du 1er mai. Et surtout pas avec la CGT ou Force ouvrière. Mais le changement de ton du chef de l’Etat jeudi dernier a été remarqué du côté des syndicats réformistes, CFDT en tête. « Un diagnostic partagé, un changement de cap à confirmer ». Tel était l’intitulé – assez positif - du communiqué de la centrale le lendemain. Communiqué qui tranchait avec les critiques proférées jusque-là par Laurent Berger : des politiques pas assez sociales, des décisions trop verticales. Rappelez-vous du fameux : « La méthode d’Emmanuel Macron c’est : vous discutez, et je tranche. » L’Unsa s’est aussi félicitée du maintien de l’âge légal de la retraite comme des 35 heures. Et au-delà de ces chiffons rouges écartés, le chef de l’Etat a coché des cases qui parlent aux réformistes.

Par exemple ?

Hé bien, toujours sur la retraite, la garantie de 1000 euros minimum pour quelqu’un qui a travaillé toute sa vie renvoie à une revendication historique de la CFDT – en 2003, François Chérèque avait pris de gros risques en approuvant la loi Fillon, notamment parce qu’elle garantissait un taux de remplacement de 85% pour une personne au SMIC. On était tombé en dessous depuis, les 1000 euros rétabliraient ce taux.

Le soutien aux mères isolées – via la garantie de paiement des pensions alimentaires – est un autre marqueur cédétiste. Et puis il y a, bien sûr, la promesse d’une meilleure association des corps intermédiaires. Laurent Berger exigeait un pacte pour le pouvoir de vivre ? Emmanuel Macron répond mobilisation pour l’emploi et les transitions écologiques. Partenaires sociaux, élus et ONG seront réunis dès lundi à Matignon.

Mais la CFDT reste sur ses gardes…

Oui parce que ce n’est pas la première fois qu’elle est d’accord sur le constat, mais qu’elle juge les remèdes insuffisants. En particulier sur l’écologie et la fiscalité. Par ailleurs, la divergence de vue persiste avec Macron sur la place des syndicats. Il ne voit pas d’avenir à la gestion paritaire, de l’assurance-chômage comme des retraites complémentaires. Ce qui promet de nouveaux clashs. 

Et puis la CFDT n’est pas exempte de contradictions : elle plaide pour une construction élargie des réformes, avec les ONG, les associations. Et c’est ce qui est prévu. Mais elle considère aussi sans le dire que les syndicats ont un rôle supérieur, d’intérêt général, quand pour le chef de l’Etat, ils ne sont qu’un interlocuteur parmi d’autres. Il y a donc encore bien du chemin à parcourir entre Laurent Berger et Emmanuel Macron.             

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