C’était prévisible : à cause de la hausse du cours du pétrole, les prix des carburants s’approchent de leurs records.

Avec un baril à plus de 112 dollars, c’était attendu et c’est le coup de pompe – sans mauvais jeu de mot - sur le moral des consommateurs. Selon les statistiques publiées hier, les prix du litre de super sans plomb 95 ont frôlé la semaine dernière leurs plus hauts niveaux de l’été 2008, à plus de 1,49 euro le litre. Comme c’est une moyenne et que la tendance n’a pas changé, ce record a sûrement été battu dès ce week-end. Pour le gazole (les trois quarts des voitures), c’est différent. Il reste un écart, mais il se resserre. Une question se pose : ces records sont frôlés ou enfoncés avec un baril à 112 dollars, alors que ce même baril de pétrole s’affichait, il y a deux ans, à plus de 140 dollars. Comment est-ce possible ? Réponse : le niveau de l’euro. En 2008, il flirtait avec les 1,55 dollar, il tourne autour de 1,37. Autrement dit, l’euro fort avait amorti la hausse du pétrole, l’euro moyen l’encaisse. Autrement dit, si le baril montait aussi haut qu’il y a deux ans, l’essence s’approcherait des deux euros le litre.

Dans quel sens ces facteurs peuvent-ils jouer maintenant ? Hier, les cours se sont calmés parce que l’Arabie Saoudite a promis qu’elle assurerait la « stabilité » du marché. Au-delà, les facteurs qui jouent sur le prix du baril sont connus : l’issue de la crise libyenne et, surtout, l’incertitude sur d’autres pays du Moyen Orient. Une fois que l’on a dit cela, les analyses des spécialistes divergent. La semaine dernière, ils assuraient que la flambée serait de courte durée ; maintenant, certains voient le pétrole à 200 dollars. Personne n’en sait rien. L’autre facteur, c’est l’euro. Actuellement, il monte. Hier, même le changement de gouvernement en Irlande, qui aurait pu affoler les marchés puisque la nouvelle majorité veut revoir le plan d’aide, (ce changement) ne l’a pas fait plonger. Comprenne qui pourra, mais tant mieux pour les automobilistes. En réalité, l’euro grimpe parce que la Banque centrale européenne se réunit jeudi pour relever ou pas ses taux d'intérêt. C’est un comble : l’automobiliste a intérêt à ce que les faucons de la BCE l’emportent pour que l’euro se muscle.

La consommation de carburants va-t-elle dans tous les cas baisser ? C’est la grande question. En 2008, elle avait reculé de 2,8%, c’était historique, et elle n’est pas remontée depuis. Les comportements des automobilistes ont changé, en vitesse et en kms parcourus. Le parc s’est aussi renouvelé, avec des millions de petits véhicules plus économes. Derrière cela, la grande interrogation porte sur la reprise, qui pourrait être menacée par ce pétrole cher. Un pétrole dont on dépend de moins en moins - 30% de consommation en moins en quarante ans malgré la croissance - mais encore beaucoup pour les transports.

Et l’avenir, bien sûr, ce sont les voitures électriques ou à moteur hybride ? ! En France, ce n’est pas demain la veille. Nous ne sommes ni au Japon, ni en Californie. En 2010, en France, il s’est vendu 9.850 voitures électriques ou hybrides, sur 2.669.000 immatriculations. C’est vrai que l’offre est limitée, elle va arriver. Mais pour l’instant, si on parle beaucoup, énormément, des véhicules verts, et encore en ce moment au salon de Genève, (si on en parle) dans les rues, on n’en voit pas beaucoup.

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