Vous revenez sur l’alliance annoncée hier soir entre le groupe PSA Peugeot Citroën et l’américain General Motors.

C’est un tournant pour PSA et la famille Peugeot, et pour l’automobile française puisque les deux constructeurs sont désormais dans des alliances, Renault à l’Est, au Japon avec Nissan, PSA à l’Ouest, aux Etats-Unis. Le groupe PSA était en difficulté, il devait réagir. Avant de commenter l’accord, il faut évoquer le marché mondial de l’auto. Ce n’est pas en Europe que les constructeurs vivent bien, c’est un marché mature, hyper concurrentiel. En réalité, le succès, aujourd’hui, dépend autant de l’implantation géographique que des produits. Volkswagen et Audi, présents en Europe, en Chine, en Amérique latine et aux Etats-Unis, vont très très bien. Même chose pour Mercedes, pour Nissan et pour General Motors (sauvé par le contribuable américain). Chrysler, filiale de Fiat, va pas mal aussi. C’est plus délicat pour Renault (sauf Dacia), pour Fiat et PSA qui sont surtout en Europe. La taille est la clé pour suivre la croissance là où elle est et profiter d’économies d’échelle. Le seuil de survie d’un constructeur serait de 6 millions de véhicules par an.

Et le groupe PSA est à … ?

3,5 millions. C’est trop peu, avec une production trop en France et des ventes trop en Europe - 60% -, trop peu encore en Chine. La famille Peugeot a été gestionnaire, pas assez offensive depuis dix ans. Elle avait essayé Mitsubishi, ça n’avait pas marché. Sur le fond, PSA essaie bien par ailleurs depuis quelques années de monter en gamme, avec les DS chez Citroën et y compris sur les petites voitures. Mais cela ne suffit pas. La situation financière est mauvaise, à tel point que le groupe a annoncé la mise en vente de son siège historique avenue de la Grande Armée à Paris.

Qu’apporte cette alliance aux deux constructeurs ?

Alliance qui passe par une prise de participation de 7% de GM chez PSA, sans que la famille Peugeot perde le contrôle. L’idée, pour le français, c’est la mise en commun de la recherche et des achats, pour faire des économies. Il espère aussi profiter d’idées neuves. De son côté General Motors perd beaucoup d’argent avec sa filiale européenne, Opel. Les deux constructeurs pourront produire ensemble des châssis, des pièces, pour amortir des séries longues, rationnaliser sa production. Avec moins d’usines ? C’est possible.

Cette alliance va-t-elle marcher ?

On verra. Dans l’automobile il y a autant de divorces que de mariages ! Philippe Varin, le patron opérationnel a apparemment réussi sa négociation. Mais il doit faire oublier qu’il n’est pas un expert en voitures. Pour le reste, l’alliance a les mêmes objectifs que Renault-Nissan, mais pas dans le même contexte. Renault a sauvé Nissan et il y a un seul patron. Dans le cas GM-PSA, chacun garde sa liberté et GM est le 1er mondial, PSA le 8ème. Mais PSA n’a pas le choix. Encore un mot : ces grandes opérations vitales et stratégiques donnent parfois un coup de vieux au débat franco-français de la présidentielle.

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