Une bonne nouvelle pour les contribuables ce matin : 2017 est une année de pause pour les impôts locaux.

Exactement. Mon confrère des Echos Mathieu Quiret a consulté les budgets des quarante plus grandes villes de France qui viennent d’être votés, et le résultat est clair. La totalité de ces villes de plus de 100.000 habitants ont décidé de geler les taux de la taxe d’habitation et des taxes foncières cette année. Croissance zéro. En 2016, les taux avaient augmenté de 1%, en 2015 de 1,8% et si on prend les dix dernières années, la pente est de 25%. Donc, c’est la pause, mais à un haut niveau. Il faut dire que certaines villes avaient eu la main très lourde les années précédentes, comme Nantes, Lille, Toulouse ou Clermont-Ferrand. Pourquoi ce coup de frein ? Les deux premières années de leur mandat, les élus appuient sur l’accélérateur des hausses d’impôt, puis à partir de la troisième -nous y sommes-, ils ralentissent parce qu’ils savent que la mémoire des électeurs va se mettre en route pour l’élection suivante. Et puis il y a cette fois du nouveau, enfin on l’espère. Le ras le bol fiscal est passé par là, les villes freinent un peu leurs dépenses de fonctionnement et acquièrent de la sagesse.

Les avis des impôts locaux que nous recevrons en septembre seront donc au centime près identiques à ceux de l’an dernier ?

En fait non. D’abord parce que si les communes ont compris le message des contribuables, les départements, qui sont plus loind’eux, peuvent faire la sourde oreille. Ensuite parce qu’il y a une astuce qui s’appelle la revalorisation des bases locatives, en clair le prix ou le loyer estimés de votre appartement ou de votre maison à partir desquels sont calculés les taux des impôts. Cette revalorisation, ce sont les députés qui la votent, + 0,4% cette année, 1% les précédentes, plus que l’inflation. Donc, de toute façon, l’impôt grimpe. C’est la raison pour laquelle la proposition d’Emmanuel Macron de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des ménages est très maligne, elle répond à une exaspération. En revanche, son sens économique est moins évident parce qu’il s’agit d’un classique coup de pouce au pouvoir d’achat (10 Mds) alors qu’il se présente comme le candidat qui décoince la France avec des idées nouvelles.

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