Ce matin, vous voulez attirer l’attention sur une source d’informations peu connue de l’efficacité de l’action gouvernementale et publique. ... et vous allez voir (enfin j’espère) que c’est un sujet moins rébarbatif qu’il n’y paraît – y compris pour un 1er novembre !

De quoi s’agit-il ?

Depuis plusieurs semaines, le Parlement examine le budget de l’Etat pour 2011. On a beaucoup parlé des mesures fiscales, du bouclier fiscal, du déficit budgétaire, bref de tout ce qui agite le débat public. En revanche, on ne parle plus du tout de ce qui se passe depuis et qui va durer des semaines : l’examen des crédits de chaque ministère, de chaque mission de l’Etat. C’est vrai que la discussion des crédits, ligne par ligne, de l’éducation, de l’équipement et de l’écologie est a priori moins attirante même si les dépenses de l’Etat approchent les 300 milliards d’euros – tout çà est assez technique ... Sauf que (sauf que), il existe depuis peu de temps un moyen d’évaluer les résultats de l’action publique. Et ce moyen, ce sont un millier (pas moins) d’indicateurs chiffrés sur tous les sujets possibles et imaginables – qui sont disponibles sur le site du ministère du Budget (performance-publique.gouv.fr) ... à condition de bien les chercher.

Alors, quels exemples peut-on donner ?

Un millier, c’est beaucoup et on ne peut donner qu’un tout petit aperçu ! On peut commencer par ce qui peut paraître anecdotique – ce qui concerne notre vie quotidienne. Avec ces indicateurs, on apprend ainsi que la durée moyenne de délivrance d’un passeport est passée de douze jours et demi en 2009 à dix jours cette année. Mais que l’objectif était de sept jours, donc c’est raté ! On apprend, et c’est une information qui peut intéresser un jour de grands mouvements de circulation, que la vitesse moyenne sur les routes de France a chuté de 91 kms heure il y a dix ans à 80 kms heure aujourd’hui. Ou que, dans le même domaine, si vous êtes flashés par un radar, vous avez 66% de chances (si on veut) de recevoir la contravention...

Il n’y a pas que de l’anecdotique ... ?

Non, bien sûr ! Ces indicateurs sont une mine de données ... par exemple sur l’éducation. On lit que le taux de redoublement en seconde était de plus de 11% en 2008 mais que l’objectif est qu’il baisse à 5 % en 2013 ; que la proportion d’enseignants inspectés au cours des cinq dernières années est de 70% mais que ce taux va grimper. Ou que le pourcentage d’une classe d’âge titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur était de 42,5% en 2005 et devrait dépasser 47% l’an prochain. ... mais que un étudiant sur six quitte l’enseignement supérieur sans diplôme. Ces chiffres sont souvent connus mais les objectifs que se fixe le gouvernement le sont moins...

C’est donc un exercice de transparence ?

Oui, un exercice louable dont on peut s’étonner qu’il n’intéresse pas grand monde. Transparence qui peut toutefois être cruelle ou partielle. Cruelle : on découvre que le taux d’exécution des lois est de seulement 71% depuis 2007 (avec un 100% s’agissant des lois sur l’immigration et un petit 69% pour l’écologie). Transparence partielle : beaucoup d’indicateurs concernant la Défense sont « classés secret » comme le « taux de satisfaction de la posture de dissuasion nucléaire ». Cela dit, on se demande si ce n’est pas préférable quand on découvre que le taux de disponibilité du porte-avion français Charles-de-Gaulle a été de seulement 49,5% en 2009 ... soit un jour sur deux !

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