Un peu de conjoncture : l’Insee a annoncé hier que la consommation des ménages a progressé de 0,1% en septembre.

C’est une petite progression, vraiment petite, mais c’est une progression et c’est déjà ce qui étonne. L’atmosphère économique est lourde, les chefs d’entreprise que l’on croise lèvent les yeux et prennent un air désespéré. Les économistes en rajoutent, parce que s’ils ne vous promettent pas le pire, ils ont l’air d’être mauvais. Mais pourtant les chiffres « durs », ceux de la réalité économique, ne sont pas tous gris ou noirs. La consommation ne s’est pas écroulée à la rentrée. Les consommateurs résistent !

Comment expliquer cela ?

D’abord en disant que 0,1%, c’est l’épaisseur du trait, donc attention aux surinterprétations. Ensuite, en expliquant qu’une des caractéristiques de l’économie française est que la consommation est LE, son moteur principal. Pour une raison simple : ce que l’on appelle les revenus de transfert, les retraites, les indemnités chômage, les prestations sociales plus importants qu’ailleurs. Les salaires eux-mêmes restent aussi, dans l’ensemble, dynamiques. Dernier élément peu mentionné : la population française augmente - + 4 millions en dix ans – et cela, l’air de rien, compte. C’est tout simple et on l’oublie !

Ce chiffre publié par l’Insee, donc une bonne nouvelle ?

Hélas, les choses sont plus compliquées et sans toujours vouloir absolument braquer le télescope sur le nuage le plus noir dans le ciel, il y a des bémols. Le premier est que la tendance de moyen terme est celle d’un ralentissement de la consommation. Depuis 40 ans, elle a toujours augmenté, y compris en 2008-2009. La seule exception, c’est 1993. Mais ces dernières années, le consommateur devient plus frileux. Autre point, si on se félicite que la consommation tienne, notamment grâce à ce qu’on appelle les amortisseurs sociaux, il faut ajouter que ces amortisseurs sont financés en partie à crédit – les déficits dont on parle matin midi et soir.

Autre bémol, ces biens que nous achetons ne sont pas tous fabriqués en France.

C’est une banalité de le dire. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut se rendre compte de ce que cela veut dire. Il est probable que si on prenait les 10, 15 ou 20 produits les plus vendus de la rentrée dans les grandes surfaces (hors alimentaire), ces produits seraient produits ailleurs qu’en Europe. Plus on s’éloigne du rayon alimentaire, plus on s’éloigne de la production locale et on passe à la production globale – la formule est de Serge papin, patron de Système U. Les avocats, les concombres et le pain, c’est ici. Mais les jouets, les ampoules, le petit électroménager, l’informatique, l’habillement, c’est la plupart du temps ailleurs.

Conclusion ?

Il y en a deux. On relèvera que mardi, le commissaire européen Michel Barnier a reconnu que l’Europe avait pêché par « naïveté » dans ses relations commerciales avec l’Asie notamment. Le problème est que les autres Européens ne le pensent pas. Deux : du coup, la bataille de la compétitivité se jouera un peu sur nos achats, les importations, mais surtout sur les achats de produits français par l’extérieur, nos exportations. Evidemment, c’est plus dur que distribuer au consommateur de l’argent qu’on n’a pas.

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.