L’immobilier avait plombé l’économie française ces dernières années. Où en sommes-nous ?

Nous sommes en plein printemps.

Les mises en chantier s’accélèrent : +6% entre le deuxième et le troisième trimestre. Les ventes de logements anciens s’emballent : +9% sur un an en Île–de-France.

Et quand on prend une mesure très large de la demande, l’investissement des ménages qui porte exclusivement sur l’immobilier, on a + 0,8% au troisième trimestre. On s’oriente vers une pente annuelle au-delà de 2%, alors que ces dépenses avaient reculé sans cesse depuis quatre ans au point de chuter à 100 milliards d’euros l’an dernier contre 125 milliards avant la crise.

Ici, François Hollande aurait raison de parler de reprise.

C’est important – parce que la France manque de logements, et aussi parce que la construction tire à nouveau une croissance par ailleurs plutôt anémiée.

D’où vient cette renaissance de l’immobilier ?

Au moins quatre raisons expliquent l’inversion de la courbe du logement.

D’abord, le chômage cesse de monter et les Français peuvent donc davantage se projeter dans l’avenir.
Ensuite, le pouvoir d’achat a été soutenu par la baisse des prix du pétrole.
Et puis la banque centrale européenne s’est efforcée de peser sur les taux d’intérêt à long terme, qui sont aujourd’hui à leur plus bas historique. Il est possible d’emprunter aujourd’hui à bien moins de 1,5% contre 4% il y a quatre ans. C’est une hausse de pouvoir d’achat immobilier massive.

Enfin, le gouvernement a détricoté une partie de la loi Duflot qui inquiétait les professionnels du secteur, et il a renforcé le prêt à taux zéro qui facilite l’accès à la propriété des foyers modestes.

La reprise est-elle solide ?

Généralement, quand on commence à bâtir une maison, on la finit. La tendance des prochains mois sera donc bonne. Un grand promoteur affirme que nous voterons dans une France hérissée de grues.
Mais ensuite, c’est plus incertain. Le pétrole a renchéri et les taux d’intérêt ne devraient plus diminuer.

La politique aura donc un rôle essentiel à jouer mais le prochain gouvernement risque d’avoir d’autres chats à fouetter.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.