Les mois d'octobre sont redoutés par les investisseurs : 1929, 1987, 2008, que de mauvais souvenirs ... Octobre 2018 n'a pas dérogé à la règle et il faut se demander pourquoi. Les causes sont à chercher du côté de la macroéconomie mais aussi des entreprises.

Il est  rarissime d'évoquer la Bourse dans cette chronique parce qu’on considère généralement que les auditeurs qui détiennent un portefeuille d’actions s’informent via des médias spécialisés et que ceux qui en sont dépourvus ne sont pas intéressés par le sujet. La Bourse, un jour çà monte, un jour çà descend, et alors ? !

Mais le sujet mérite aujourd’hui, je crois, que l’on s’y arrête -y compris un 1er novembre- parce que le mois d’octobre 2018 a sans doute marqué la fin du cycle de hausse continue des marchés actions le plus long de l’histoire, dix ans. Cela a été vérifié en 1929, 1987, 2008, octobre est mauvais pour les investisseurs : çà ne baisse pas, çà chute. Eh bien, octobre 2018 n’a pas fait exception avec ces grands millésimes, on a eu entre -7 et 8 % à New York ou Paris. A ce niveau, ce n’est pas octobre noir, mais tout de même octobre rouge. 

Cette plongée intervient après, donc, dix ans de flambée incroyable surtout aux Etats-Unis. Alors, pourquoi ce coup de frein ? Je pourrais m’arrêter là et simplement dire que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. OK. C’est vrai. C’est l’essentiel. 

Mais on peut quand même essayer d’habiller cette lapalissade par des éléments plus précis : les conflits commerciaux USA-Chine, l’Italie, le Brexit, le ralentissement chinois et l’essoufflement de la croissance américaine qui va bien finir par arriver un jour ou l’autre. 

Bref, les experts n’ont que ce mot à la bouche : la fin du « bull market », du marché à la vitalité d’un taureau, synonyme de cycle haussier.  

Et il y a plus.  

Oui, ce qui frappe, c’est le retour d’une plus forte volatilité – hier par exemple, il y a eu un rebond des marchés- et surtout d’une grande sélectivité entre les entreprises. Les mouvements sont violents, avec de très fortes baisses et de très fortes hausses. Sur la seule journée d’hier, General Motors a gagné 9 %, mais Kellog (les céréales) a plongé de 9 %. L’Oréal a grimpé de presque 7 % mais l’opérateur de satellites Eutelsat a chuté de 14 %. 

L’économie se transforme à toute vitesse : çà, çà n’est pas très nouveau. Mais elle est surtout compliquée à lire parce qu’on ne sait pas quel sera dans cinq ans le vrai impact des technologies (le digital, les robots), quelles seront les zones géographiques porteuses, ce qu’attendent les consommateurs, ce que seront les emplois et si les pays seront ouverts ou davantage fermés. 

Au total, le vieux monde économique accouche difficilement d’un nouveau monde : c’est à la fois passionnant, cela redistribue toutes les cartes et c'est stressant – y compris pour les investisseurs.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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