La Chine a annoncé hier le lancement du plus grand réseau mobile 5G du monde.

Quel est l’enjeu de ce saut technologique pour Pékin ?

C’est d’abord un beau coup de com’ pour la Chine. Les trois opérateurs mobiles locaux ont ouvert leurs services 5G le même jour ; ils sont ensemble sur la photo. 

Le correspondant des Echos à Pékin, Frédéric Schaeffer, nous explique que la date a été avancée d’un an pour ne pas laisser trop d’avance aux pionniers, les Etats-Unis et la petite Corée du Sud. 

Il faut savoir que la Chine a beaucoup d’ambitions dans les télécoms. Et des arguments. Elle compte encore plus d’abonnements mobiles que de Chinois : 1,6 milliard. Les consommateurs sont comme partout : si on leur dit qu’ils vont pouvoir télécharger un long-métrage en quelques dizaines de secondes, ils veulent l’avoir. Les analystes prévoient donc qu’il y aura 110 millions de contrats 5G là-bas dès l’année prochaine. 

Mais l’objectif est aussi d’accélérer pour soutenir le géant chinois des télécoms Huawei, qui fabrique des réseaux et des téléphones, avec des tas de brevets 5G. Trump lui bloque l’accès aux Etats-Unis. A cause de lui, Huawei ne peut même plus mettre à jour Android sur ses appareils, ou acheter des puces électroniques. 

Heureusement, Huawei va pouvoir déployer massivement sa 5G dans son pays.

Est-ce que ça peut marcher, cette stratégie ?

Oui, car vous avez une machine de guerre. Huawei n’est pas du tout un canard boîteux. Il a un concurrent chinois, ZTE, qui le maintient alerte. Et les opérateurs chinois sont très disciplinés. Quand le gouvernement veut 130.000 antennes 5G fin 2019, il sait qu’il les aura. Nous, en France, on en a prévu 48.000, mais dans six ans. 

D’ailleurs, Pékin a poliment demandé à deux opérateurs de faire réseau commun, pour aller plus vite.

Les pouvoirs publics sont moteur. Par exemple, à Shenzhen, 12 millions d’habitants, les antennes sont subventionnées, ainsi que l’électricité qui les alimente. Objectif, en poser 45.000 en moins d’un an. Mieux, c’est la ville qui trouve les emplacements pour poser les poteaux et les câbles. Gratis, et garanti sans Robins des toits. 

Donc oui, cette stratégie marchera, parce qu’il n’y a pas le choix. C’est bien là sa limite.

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