Les commentaires politiques depuis la présentation du budget 2013 vous font encore sourire ce matin.

Oui, même si cela ne se voit pas ! D’abord, sur le fond, on a déjà commenté ici le budget. Un bon budget pour la signature de la France sur les marchés - les taux d'intérêt de la dette ont d'ailleurs baissé vendredi ; un Budget incertain pour ses effets sur la situation économique ; un mauvais Budget pour les signaux qu'il envoie. Il serre tous les boulons par des hausses d'impôt, mais il ne desserre rien dans l'économie. Et de surcroît, le gouvernement prend de face toutes les élites économiques. Personne n'entend Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie qui devrait avoir l'oreille des entreprises ; les ministres qui existent, c’est Jérôme Cahuzac et Arnaud Montebourg qui, de PSA à Sanofi et d'Unilever à Arcelor-Mittal, met tous les dirigeants dans son viseur.

Voilà pour le fond. Pour la forme, les réactions sont à fronts renversés ?

Exactement. Il y a un côté assez drôle à cela. Chacun gère ses contradictions. Prenons la gauche. Les députés socialistes, les ministres, sont obligés de défendre la réduction aux forceps du déficit public en période de stagnation économique. Eux qui, en 2009, exigeaient de Nicolas Sarkozy des plans de relance massifs. On aimerait savoir ce que pense Henri Emmanuelli ! Entre la rue de Solférino et Matignon, il y a seulement 653 mètres (j'ai vérifié), mais en fait des années lumières !

(La rue de Solférino, c'est le siège du PS…) Et les contradictions de la droite ?

Croquignolesques aussi. Aujourd'hui, elle fustige l'absence d'économies dans les dépenses publiques. C'est pourtant sous son règne que le niveau des dépenses publiques a été, en France, le plus élevé depuis 60 ans : 56,8% de la richesse nationale. C'était en 2009, année, il est vrai, de récession très violente.

Ce contre-emploi, on le retrouve sur les impôts.

En effet. Le gouvernement de gauche a réinventé le bouclier fiscal pour éviter que le fisc ponctionne plus de 75% des revenus d'un contribuable. Sous Nicolas Sarkozy, il a été de 50%, mais il a été supprimé en 2011. Le voilà qui revient avec l'ISF ! On continue. Le PS, qui avait fustigé les niches fiscales, a redonné tout son lustre à celle des investissements dans les DOM-TOM. Et là, on se souvient que le publicitaire Jacques Séguéla avait nommé son bateau de Pointe-à-Pitre "Merci Béré" (Bérégovoy, l'ancien ministre des Finances) à cause de cette niche.

Et à droite, sur les impôts ?

Les anciens ministres du Budget dénoncent le "scandale" du gel des tranches du barème de l'impôt sur le revenu, gel qu'ils ont décidé et fait voter l'année dernière !

Et ce jeu va continuer aujourd'hui, avec le projet sur la sécurité sociale ?

Vous savez que les taxes sur les bières vont grimper très fortement. Si la droite crie au scandale, c'est qu'elle aura oublié qu'elle a taxé les alcools forts il y a un an ; si le gouvernement veut encore nous faire croire que neuf français sur dix échappent aux hausses d'impôt, c'est qu'il croit que seuls les très aisés boivent de la bière. Et dans ce cas, il doit d’urgence réviser ses fiches !

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